[dvd :] Coffret MONSTRES

15 Mar

Ed. Artus

Après Destination Mars, les montpelliérains d’Artus Film nous proposent un nouveau coffret consacré à la science-fiction américaine des années 50 ; Les monstres viennent de l’espace.

Tous tournés en noir et blanc pour des budgets qui vont du ridicule au modeste, ces incunables donnent des images très différentes de la science-fiction américaine des années 50.

Commençons par le moins bon, The Hideous Sun Demon, unique réalisation de Robert Clark et Tom Boutross. Inédit en salles en France (comme les trois autres titre du coffret) ce film d’horreur camp a eu l’insigne honneur de faire partie, au coté de Plan 9 From Outer Space, de la bien nommée collection Craignos Monsters, initiée par Mad Movies aux glorieuses heures de la VHS. Les amateurs éclairés reconnaîtront également la bande originale, une composition issue de stocks musicaux, qui a servi neuf ans plus tard à illustrer La Nuit des morts vivants de George A. Romero. En dehors de ça, rien de nouveau sous le soleil du film de monstre.

Herbert S. Greene, qui a dirigé The Cosmic Man, n’a guère été plus productif que Clark et Botross, puisque, après un western, ce fut le deuxième et dernier film de cet assistant réalisateur. Bien plus digne qu’Hideous Sun Demon, ce démarquage du Jour où la Terre s’arrêta souffre néanmoins d’un budget réduit et d’un rythme un peu languissant. Il est heureusement rattrapé par quelques effets réussis et par l’interprétation de John Carradine. Avec ce film, le comédien, figure familière du cinéma de John Ford, entrait lentement mais sûrement dans les méandres du cinéma Bis.

On aborde les productions plus argentées avec Kronos, un des derniers films du prolifique Kurt Neumann, qui allait signer un an plus tard son plus gros succès, La Mouche noire. Tourné en Scope, le film contient toute l’imagerie naïve que l’on peut associer à un film de SF de cette époque : météorite, robot géant, scènes de destruction massive, etc. Les effets spéciaux, tantôt réussis, tantôt ringards, ajoutent un certain cachet à cette production au charme gentiment désuet.

Le meilleur film du coffret reste, et de loin, Not of This Earth de Roger Corman. Tourné entre Carnival Rock et Attack of the Crab Monsters, ce petit bijou bénéficie d’un scénario astucieux cosigné par Charles B. Griffith, plume régulière chez Corman, à qui l’on doit notamment les scripts plein d’humour de La Petite Boutique des horreurs et Un baquet de sang. Avec un budget qu’on devine ridicule, le pape de la série B signe un modèle du genre, enlevé, original et bourré d’idées. Corman, qui doit également l’aimer, en produira deux remakes, l’un, en 1995, signé Terence H. Winkless, et, surtout, celui de Jim Wynorski, en 1988, qui met en vedette une Traci Lords à peine sortie (avec fracas) du monde du porno. A quand une édition DVD chez Artus ?

François-Xavier Taboni

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