[dvd :] LE FLEUVE – Jean Renoir

6 Avr

Ed. Carlotta

Martin Scorsese commence sa présentation du Fleuve en précisant qu’il s’agit, avec Les chaussons rouges de Michael Powell, du plus beau film en couleurs de l’histoire du cinéma. Le chainon manquant entre ces deux titres, du fait du cadre indien, de l’emploi du Technicolor et d’une veine mélodramatique exacerbée, serait sans doute Le narcisse noir.

Ces trois titres correspondant aux trois dernières sorties phares de Carlotta en haute définition, Scorsese resitue ainsi l’ambition de l’éditeur. Il s’agit bien de revenir à des œuvres majeures, passées notamment à la postérité pour leur valeur graphique.

Le Fleuve, qui est un film singulier, bénéficie d’un traitement optimal. Premier film de Renoir tourné intégralement en décors naturels, premier usage du Technicolor pour le cinéaste français, The River (titre original) est surtout une première main tendue au père, dans une quête de précision et de sublimation des couleurs qui ne manque pas d’évoquer le travail d’un peintre impressionniste.

La copie proposée par Carlotta rend totalement obsolète l’édition précédente signée Opening. Encore une fois, il convient de préciser que ce soin apporté à retranscrire l’intention formelle de Renoir participe pleinement à l’efficacité du récit. Le Technicolor, ressuscité de la sorte, est le plus grand vecteur d’émotion du cinéma. Ce constat pourra être confirmé à la révision des classiques de Powell, de Douglas Sirk ou de Vincente Minelli.

D’un point de vue éditorial, Carlotta fournit une mine d’informations dans la partie DVD ROM. De très nombreux documents pédagogiques, des analyses diverses sous différents formats permettent une exploration très vaste du film de Jean Renoir.

Dans les suppléments plus classiques, le film Autour du fleuve, réalisé par Arnaud Mandagaran en 2008 propose une longue approche chronologique de l’œuvre. Celle ci est abordée sous un angle très factuel, de la préparation au montage, par le prisme d’une série d’interviews des intervenants survivants et de visites de lieux de tournage.

Pour être exhaustive, cette édition ambitieuse aurait peut être méritée un documentaire plus pointu, moins débonnaire. A ce titre, il convient peut être de ne pas se débarrasser du DVD Opening, qui proposait en bonus une analyse très pertinente de Jean Collet, intitulée Blessures.

Dans les deux cas, on regrettera toutefois l’absence de version française. Je suppose que le film a bénéficié en 1951 d’un doublage pour sa sortie en salle. Au vu de l’effet produit sur le jeune Martin Scorsese (9 ans à l’époque), il semble que l’œuvre de Renoir soit accessible et conseillée à tous publics.

Greg Lauert

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