[à l’affiche :] CAP NORD – Sandrine Rinaldi

21 Avr

Loin de DSK, Anne Sinclair s'aère l'esprit.

Le cinéma français est définitivement capable de tout. Une folle énergie est déployée pour le contenir à un caricatural deux pièces-cuisine, mais cela fait longtemps que cette image n’a de valeur que pour les esprits chagrins. Si Cap Nord, deuxième film de Sandrine Rinaldi, n’est pas exempt de défauts (on parlera d’ailleurs plutôt de dérapages contrôlés), il s’agit surtout d’un film audacieux, déroutant et enivrant.

Sandrine Rinaldi filme une fête, comme un éloge à la culture Northern soul. On se saoule aux Fabulettes, Bobbie Smith, The Manhattans, Gloria Jones ou encore Melvin Davis… Le diable au corps et l’esprit qui frétille !  On y parle de mort et d’amour (une fête quoi), on s’oppose (les mots bannis v/s les mots plébiscités, scène culte), on demande l’heure plus souvent que sur un trajet de vacances, on se frotte et on s’esquive. Tu les sens, mes petits guilis-guilis ?

Cap Nord est un film aléatoire et bancal, disons-le c’est un film fragile. Le montage est parfois hasardeux, la prise de son sujette à caution, l’image un peu terne (où est passé l’orange de nos jeunesses ?). Ce n’est pas un film qui avance pour séduire, c’est un film qui s’ouvre corps et âmes et qui prend le risque de l’agacement ; quel meilleur exemple que les dialogues ? La diction, les temps de pauses, l’élocution, tout échappe au réalisme. Effet burlesque garanti, fou rire assuré (et parfois, ennui coupable). Allez, c’est cadeau :

Un homme et une femme, dans un coin, discutent.

– Je suis humble, très humble.

– Il faut dire aussi que tu es très pauvre.

– Oui, je suis pauvre. Mais humble, très humble.

Bien sûr, Cap Nord a des allures d’exercice de style qui peut être un peu répulsif. Son parti pris formel ne transige pas, pour le meilleur et pour le pire. Mais c’est un film qui a foi en sa force ; la musique. Et in fine, comme pour tous les protagonistes de cette soirée, la musique emporte le spectateur dans son tourbillon. Nul besoin d’artifice, le vertige est au bout de nos pieds.

Romain Sublon

CAP NORD de Sandrine Rinaldi // Avec Sabrina Seyvecou, Sébastien Buchmann, Vincent Lacotte et tant d’autres // En salles le 18 avril – 1h01

Ad. Shellac sud

CAP NORD sort dans la foulée en dvd. Il sera disponible à partir du 24 avril. Et, garant d’une année 2012 flamboyante, il est vendu avec l’indispensable bande originale du film.

Publicités

3 Réponses to “[à l’affiche :] CAP NORD – Sandrine Rinaldi”

  1. Boyan samedi 21 avril 2012 à 90936 #

    C’est un peu les Blues brothers version fr quoi !

  2. Maïa dimanche 22 avril 2012 à 190708 #

    DSK président !
    J’ai vu Cap Nord (et ce n’est pas simple tant ce film fait partie des sacrifiés du cinéma français !!) C’est effectivement déroutant, pas toujours réussie mais tellement jouissif. Un film qui ouvre la porte au cinéma français qui, lui, préfère lui claquer sur les doigts.
    Sinon, en tant que fidèle lectrice de votre site (et de votre revue), je salue l’apparition d’un menu sur votre site. Ca lui donne de l’allure et de la fonctionnalité. Comme vos nouvelles polices !
    Amitiés,
    Maïa

  3. CUT lundi 23 avril 2012 à 90946 #

    Merci pour votre message et votre oeil de lynx, chère Maïa.
    Teaser : Sachez qu’il y aura encore deux ou trois changements graphiques sur notre site… On n’arrête pas le progrès.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s