[cinép(h)age:] : MASTER AND COMMANDER : De l’autre côté du monde (ép. 18/25)

23 Avr

Des romans de Patrick O’Brian.

Un film de Peter Weir (2003)

En plus de vingt romans, l’écrivain britannique Patrick O’Brian (de son vrai nom Richard Patrick Russ (1914-2000)) a captivé ses lecteurs avec les aventures du marin Jack Aubrey et de son ami, chirurgien, ornithologue et agent secret de Sa Majesté, Stephen Maturin. Ses ouvrages, qui mêlent des passages documentaires sur la navigation au XIXe siècle, les batailles navales, la diplomatie européenne et les guerres napoléoniennes a de quoi intéresser un public français qui a toujours sous-estimé son histoire maritime, contrairement aux Britanniques.

Quand le cinéaste australien Peter Weir s’empare des personnages Aubrey et Maturin, il choisit de prendre les meilleur de chaque volume (surtout les cinq premiers). Il campe son action en 1805, au moment où Français et Anglais se coursent sur les mers du monde, dans un jeu de cache-cache planétaire. Les corsaires, payés pour attaquer les navires de commerce, ont le vent en poupe. Tout naturellement, Aubrey, capitaine de La Surprise, un navire de guerre anglais, traque L’Achéron, qui bat pavillon français.

Russel Crowe

Peter Weir a sabré dans l’histoire ce qui aurait ralenti le rythme du film. L’épisode de la rencontre des deux héros, lors d’un duel, passe par dessus bord. Les aspects techniques sont traduits à l’image par les décors d’un réalisme absolu et des plans qui fonctionnent comme des tas d’anecdotes mises bout à bout (les noms gravés sur les canons, le sable jeté sur le sol de l’infirmerie avant la bataille pour absorber le sang). Les scènes de vie à bord sont tout aussi importantes que le suspense de cette chasse sur les océans. La promiscuité, l’humidité permanente, la nourriture qui moisit, les rats, les relations entre officiers et l’équipage, la suprématie psychologique du commandant sur tous : de la grande aventure, divertissante et intelligente.

Patrick O’Brian n’aurait pas eu à rougir de cette adaptation qui est fidèle à l’esprit de son œuvre. Russel Crowe, comme à son habitude pour ce type de personnage, joue l’homme solide, tenace jusqu’à l’excès, fin stratège et psychologue averti. Paul Bettany, tient le rôle d’un second qui ne dit pas son nom. Souvent, il incarne une forme de conscience morale. Peter Weir, qui cible une fenêtre temporelle courte, s’abstient de faire évoluer les deux protagonistes. Dans les romans, O’Brian ne s’en prive pas : Aubrey y devient même corsaire.

Sans aucun soucis, on se promène des livres au film et inversement. Les uns enrichissant l’autre et réciproquement. Un beau travail de séquençage, dur et réaliste, épique et tragique, qui met autant en valeur les relations humaines que des scènes de batailles où les effets pyrotechniques sont maîtrisés (des explosions sans flammes et des pluies de débris).

Franck Mannoni

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