[dvd :] PANDORA – Albert Lewin

3 Mai

ed. Montparnasse

Près d’une côte espagnole, des pêcheurs discutent dans leur idiome tout en tirant leurs filets : la quiétude de cet instant quotidien s’évanouit lorsque les hommes découvrent le fruit de leur pêche. Nous, spectateurs, voyons à notre tour de quoi il retourne un peu plus tard, en même temps que certains des principaux protagonistes du film accourus sur la plage pour apercevoir, dépassant d’une bâche, deux mains enlacées…

Juste avant cette scène, le film s’était ouvert sur des panneaux évoquant la légende du Hollandais volant, condamné à errer seul sur les mers jusqu’à ce qu’une femme l’aime au point de mourir pour lui, et c’est là-dessus que notre guide dans l’histoire, Geoffrey (Harold Warrender), entame son récit, l’éloignant résolument du pseudo-réalisme du début.

Se parlant à lui-même, il commence à (nous) expliquer, non sans une certaine emphase, ce qui s’est passé. Mauvais comédien ? Ecriture impossible ? Disons qu’un instant cette prise de parole appuyée fait craindre le pire quant à la suite… Mais tout va bien : la suite, c’est Geoffrey plongé dans un flash back et bientôt sans voix devant la splendide Ava Gardner.

Incarnation de la femme fatale, Pandora (Ava Gardner, donc) est une Américaine en villégiature à Esperanza, petit village de pêche espagnol. Tous les hommes sont fous d’elle ; l’un de ses amant éconduit va jusqu’à se tuer sous ses yeux ; à un autre elle promet le mariage s’il lui sacrifie son bien le plus précieux.

« L’amour se mesure à ce que l’on accepte de lui sacrifier » : cette phrase, leitmotiv du film, va faire basculer le destin de l’indifférente Pandora. Un rayon de lune attire  l’attention de la belle sur un yacht ancré au loin : elle vient d’entendre la légende du Hollandais volant et se jette à l’eau, nage jusqu’à l’embarcation pour y découvrir… un Hollandais. Hendrick van Zee (James Mason).

L’histoire d’amour prend le pas sur le surnaturel, mais le réalisateur, Albert Lewin, ne dédaigne pas cet aspect de son film –il a d’ailleurs auparavant déjà adapté un récit fantastique, Le portrait de Dorian Gray. Lewin, amateur d’art et de littérature, rend aussi de jolis hommages (à Giorgio de Chirico par exemple) et son directeur de la photographie, Jack Cardiff, transcende magistralement tout cela dans un superbe Technicolor.

Un court supplément revient sur les deux mythes traités (Pandore et le Hollandais volant), sur les différentes influences de Lewin, sur le parcours des uns et des autres, l’importance de ce rôle dans la carrière d’Ava Gardner. La copie est belle. Et puis Garner et Cardiff, au risque de se répéter : chapeau bas.

Jenny Ulrich

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