Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.1)

17 Mai

Une belle histoire d’amour entre une adolescente et un scout

C’est un peu entamé par un (court) passage au Petit Majestic la veille que je débute la cinquième saison de ce journal cannois.

Il est d’autant plus difficile de garder toute son attention devant le dernier et très attendu opus de Wes Anderson, Moonrise Kingdom (en photo). Située dans les années 60, cette histoire de scout fugueur et d’amours adolescentes semble concentrer tous les défauts que les contempteurs du cinéastes voyaient déjà dans ses précédents films : surcadrage, fascination vaine pour la déco et univers un peu étouffant. Pourtant, sur le papier, tout semblait impeccable et le beau casting, hétéroclite, laissait présager une fantaisie que prisent tant les admirateurs du cinéaste américain. Malheureusement, il faut une bonne heure pour que la mécanique d’Anderson s’emballe un peu et qu’une apocalypse très biblique donne un soupçon d’énergie à ce spectacle trop bien réglé.

C’est donc légèrement dépité que je décide de me changer les idées au Marché du Film avec Friday Killer, dernier opus en date de Yuthlert Sippapak, réalisateur entre autres de Killer Tattoo et de la trilogie des Buppha Rahtree. Le metteur en scène, qui a un temps bénéficié d’une certaine côte auprès des amateurs de cinéma de genre, fait malheureusement n’importe quoi dès le début de son film. Tentant de mélanger polar, action, drame familial et comédie outrée, Sippapak rate tout dans ses grandes largeurs. Le public du Marché, bien moins tolérant que moi, déserte peu à peu la petite salle et je me retrouve complètement seul pour la dernière demi-heure de projection.

Qu’importe, j’enchaîne sur une projection de presse de Broken, de Rufus Norris, acteur et metteur en scène de théâtre. Présenté jeudi en ouverture de la Semaine de la Critique, ce drame social, dont la mise en images évoque un certain cinéma indépendant américain, pâtit de lourdeurs de construction (flashbacks maladroits, pathos forcé) mais il est sauvé par son interprétation. En face d’un Tim Roth d’une grande sobriété et d’un Cillian Murphy transformé, le réalisateur place de jeunes comédiens, tous formidables, qui donnent beaucoup de vie à une histoire qui ne sombre heureusement jamais dans le misérabilisme.

Comme le Festival est encore jeune et que je suis plein de courage, je décide de faire une heure et demie de file d’attente pour découvrir le deuxième film de la compétition, Après la bataille de Yousry Nasrallah, qui parle de la société égyptienne et des événements de la place Tahrir à travers l’histoire d’une publicitaire et d’un dresseur de chevaux. Si l’intention est louable et si le cinéaste cherche à tout prix à retranscrire et à expliquer la complexité de la situation, la mise en scène d’une grande platitude dessert vraiment la dernière oeuvre du réalisateur de La porte du soleil.

Demain, si tout se passe bien, on parle du nouveau Jacques Audiard, De rouille et d’os et de Paradies : liebe, d’Ulrich Seidl, tous deux présentés en compétition.

François-Xavier Taboni

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s