Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.8)

24 Mai

Les acteurs de Io e te sortent de la projection du film.

Peu motivé par le film et convaincu qu’il n’apparaitra pas au palmarès, je décide d’attendre de rentrer au bercail pour découvrir On the Road de Walter Salles. Cette première impasse à la Compétition décidée, j’avale un petit déjeuner des champions (coca / roudor / doliprane) pour me préparer à ma nouvelle journée, qui s’annonce chargée.

Décidé à découvrir le nouveau Bernardo Bertolucci, je fais l’impasse, pour des questions d’horaires, sur Ernest et Célestine, de Patar et Aubier, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. A la place, je vais voir Victimes, thriller français présenté au Marché. Tourné pour un budget qu’on devine ridicule, le premier film de Robin Entreinger exerce une certaine fascination. La longueur des plans, la direction d’acteurs nous fait naviguer entre le cinéma bis et une cinéma d’auteur un peu aride. Je ne suis pas le seul à être intrigué, puisque plusieurs spectateurs restent jusqu’à la fin de la projection, une chose finalement assez rare dans ces salles qui sont le plus souvent des lieux de transit.

Direction ensuite le Grand Théâtre Lumière pour assister à la projection de Io e te (en photo), dernier film de Bernardo Bertolucci. Avant et après le film, le réalisateur est salué par des applaudissements nourris. Je suppose qu’il s’agit plus de saluer le cinéaste que son film, car celui-ci ressemble plus à une production télévisuelle qu’aux oeuvres les plus marquantes de l’auteur de La Stratégie de l’araignée.

Changement de programme radical avec le prochain film de la Compétition, Post Tenebras Lux, de Carlos Reygadas. Il est difficile de résumer ce film où le cinéaste raconte, à travers des chemins tortueux, la vie d’une famille mexicaine aisée. Comme toujours chez le cinéaste, le spectateur est placé face à des tableaux d’une beauté fulgurante et l’apparition dans une maison, de nuit, du diable équipé d’une étrange boîte à outils restera comme l’image la plus forte de ce festival. Le rythme du film, traversé par des électrochocs visuels, déconcerte de toute évidence certains journalistes et la fin de la projection se déroule sous des huées suivies par de timides applaudissements.

L’enthousiasme est total, en revanche, lors de la projection de Touristes, à la Quinzaine des Réalisateurs. Le nouveau film de Ben Wheatley, révélé par Kill List, est une réjouissante comédie noire. Cette réactualisation burlesque des Tueurs de la lune de miel est un véritable de jeu de massacre construit avec une méchanceté réjouissante par le réalisateur et le couple vedette du film, à l’origine du scénario.

Demain, si tout se déroule comme prévu, On parle des deux prochaines entrées de la Compétition : The Paperboy, de Lee Daniels, et Dans la brume, de Sergei Loznitsa.

François-Xavier Taboni

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Une Réponse to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.8)”

  1. Greg LAUERT jeudi 24 mai 2012 à 160420 #

    Connaissant ta passion pour le Bertolucci de la grande époque (Dernier Tango, Dernier Tango, Dernier Tango), je me doutais du fait que tu recevrais mal un opus de cinéaste vieillissant.

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