Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.10)

26 Mai

L’apocalypse dans une voiture ; il est fort ce Cronenberg.

C’est un peu chagriné que j’aborde la projection de Cosmopolis, de David Cronenberg, présenté en Compétition. En effet, j’ai perdu ma veste sur le chemin du Grand Théâtre Lumière. Ca me fait un point commun avec le personnage de Robert Pattinson, qui se plaint d’avoir perdu la sienne au cours du film. Mais c’est bien la seule chose qui me rattache au dernier film du réalisateur de Vidéodrome. Cette adaptation d’un roman de Don DeLillo, totalement abstraite, fait vraiment peine à voir. Film de SF, qui se déroule pour sa plus grande partie à l’intérieur d’une limousine, Cosmopolis est un film verbeux et désincarné, où le style brillant de Cronenberg donne l’impression de tourner à vide. Si la seconde partie, marquée par l’intervention d’un Mathieu Amalric amusant en Noel Godin peroxydé, est un tout petit peu plus stimulante, on sort vraiment désappointé de cet essai aussi vain que prétentieux.

Comme hier, je me rends au Marché pour rattraper un film de la sélection Un Certain Regard précédé de très bons échos, A perdre la raison, de Joachim Lafosse. Inspiré d’un fait divers, le long métrage de Lafosse décrit minutieusement comment une jeune mère de famille sombre progressivement dans la dépression. Porté par sa solide distribution (Emilie Dequenne, Tahar Rahim et Niels Arestrup), le film enferme doucement sa protagoniste et les spectateurs dans une spirale morbide que rien ne semble pouvoir arrêter.

Encore une intrigue familiale pour L’ivresse de l’argent, de Im Sang-soo, présenté en Compétition. Suite de The Housemaid, et deuxième volet d’une trilogie, ce thriller domestique déconcerte. La mise en scène élégante et glacée est en parfaite cohésion avec le précédent film du réalisateur mais sa fascination pour le grotesque et des personnages taillés à coups de serpe laissent pour le moins perplexes. On navigue constamment entre le thriller et la satire, au détriment d’un film qui ne suscite jamais aucune émotion. La fin ouverte donne néanmoins envie d’en savoir plus et je me laisserai probablement piéger par le dernier volet de cette trilogie.

C’est une autre trilogie, qui conclut ma soirée : un très bon repas à La brouette de grand-mère, une fête, joyeuse et déjà un peu nostalgique sur la plage de La Quinzaine des Réalisateurs et une fin de nuit à l’indispensable Petit Majestic.

J’espère néanmoins que ça ne m’empêchera pas de parler demain de Mud, de Jeff Nichols et de Renoir, de Gilles Bourdos.

François-Xavier Taboni

 

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Une Réponse to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.10)”

  1. Greg LAUERT samedi 26 mai 2012 à 180658 #

    Je te rejoins totalement sur le Cronenberg … Insupportable suite de monologues creux ….

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