Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.11)

27 Mai

Vous voyez les enfants, dans le ciel il y a toutes les étoiles de nos grands cinéastes disparus : Cronenberg, Audiard et Anderson.

Dernière entrée de la Compétition, Mud, troisième film de Jeff Nichols, poursuit le travail du cinéaste, qui s’impose comme le peintre du Sud profond des Etats-Unis. Après Shotgun Stories et Take Shelter, Jeff Nichols ouvre son cinéma au grand public et signe son plus beau film à ce jour. En suivant le parcours de deux garçons, véritables Tom Sawyer et Huckleberry Finn modernes, bien décidés à aider un meurtrier en fuite, le réalisateur se fait autant le portraitiste d’une Amérique rurale que le conteur d’un très beau récit initiatique. Mathew MacConaughey éclate en truand infantile et superstitieux, Peter Pan armé d’un colt 45, qui tente tout pour retrouver son amour incarné par Reese Witherspoon. En peu de temps, Nichols s’est imposé que le représentant d’un classicisme et d’une épure cinématographique enthousiasmants.

Le classicisme est aussi à l’œuvre dans Renoir, de Gilles Bourdos. Après la remise de prix de la sélection Un Certain Regard, dominée par Tim Roth en président du jury joueur et survolté, on découvre avec un ennui poli cette biographie consacrée à une période de la vie des Renoir, père et fils. Baigné dans une belle lumière provençale, le film accumule les scènes à faire et Michel Bouquet les phrases définitives sur l’art, les femmes, la guerre et la création.

Je termine enfin la soirée en assistant, dans une salle Bazin clairsemée, à la projection presse de Thérèse Desqueyroux, film posthume de Claude Miller. Là encore, un certain académisme du cinéma en costume français fait des ravages. La reconstitution et la direction artistique soignées servent d’écrin à une œuvre qui ennuie rapidement. Pendant la projection, une recherche rapide sur IMDb me rappelle qu’une adaptation du roman de François Mauriac a déjà été tournée cinquante ans plus tôt par Georges Franju, avec Emmanuelle Riva et Edith Scob, vues dans deux des plus beaux films de la Compétition cette année, Amour et Holy Motors.

François-Xavier Taboni

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