[à l’affiche :] JE SENS LE BEAT QUI MONTE EN MOI – Yann Le Quellec

12 Juin

Ceci n’est pas une pub Dim.

S’il est vrai qu’un réalisateur qui ne demande qu’une trentaine de minute de concentration est à l’évidence un réalisateur qui pense à son public, Je sens le beat qui monte en moi ne se résume pas à ces considérations triviales en lien avec mes capacités d’attention défaillantes.

En fait, Je sens le beat qui monte en moi, c’est surtout une question de rythme – un rythme à contretemps – et de style : la Northern soul et la statue de la liberté de Poitiers.

Rosalba (alias Rosalba Torres Guerrero) et Alain (alias Serge Bozon) sont collègues dans une improbable agence touristique poitevine. Lui au volant de son mini van Volkswagen, elle au mic, ils font découvrir à des touristes encore plus improbables – bobs, shorts, bananes, appareils photos en bandoulière et franchouillardise de rigueur –  les merveilles de la cité poitevine. Rosalba et Alain sont timides et gracieux. Chacun à leur manière, ils sont tout en musique. Rosalba est possédée par la musique, le plus souvent à corps défendant. Alain, lui, a vendu son âme et a racheté ses pas de danse à la soul des 60’s. Si Alain en pince pour la beauté inquiète de Rosalba, Rosalba n’est pas, de son côté, insensible aux charmes de ce dandy nerd rock d’Alain. Evidemment, Rosalba et Alain vont finir par danser ensemble.

Car, oui, dans Je sens le beat qui monte en moi il s’agit bien de corps qui se libèrent et se parlent. De deux êtres un peu maladroits, pas tout à fait raccord avec le reste du monde, qui parviennent à se rencontrer – et plus seulement se croiser –  grâce à un rythme partagé qui permet de passer outre les mots que l’on ne trouve pas. Le beat qui monte c’est une histoire d’amour en body langage dansant.

Il va de soi qu’il n’y a pas de beat sans bande originale à la hauteur. Ici, la BO Northern soul, au beat contagieux, est de celle que l’on voudrait déjà avoir sur sa playlist pour sa prochaine soirée d’appart. Elle enchante le film tout en tirant par la manche sur la piste de danse même les vrais durs récalcitrants qui d’habitude ne dansent pas.

En plus du beat, Yann Le Quellec donne du style à son film. Un style épuré et élégant où il passe sans complexe du comique au lyrisme. Il joue, d’ailleurs, avec autant de d’aisance sur le terrain de l’humour décalé voire de l’absurde que sur celui de la poésie avec des scènes de beauté toute gracieuse et délicate très réussies. Enfin, tout ça pour dire que si je bossais pour Télérama – et que je mettais des notes aux films – ce serait, tranquille et au minimum, les trois f.

Adrien

JE SENS LE BEAT QUI MONTE EN MOI de Yann Le Quellec // Avec Rosalba Torres Guerrero et Serge Bozon // En salle le 13 juin 2012 (au MK2 Beaubourg à Paris, tous les soirs à 20h… puis le film se baladera en Province durant tout l’été.)

En bonus, voici les titres de la bande originale (parfaits pour faire danser mémé) : Etta James, Seven Days Fool // Tommy Neal, Going To A Happening // Al Wilson, The Snake // The Coasters, Love Potion n° 9 // Willie Tee, Walking Up A One Way Street

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