[cinéphilie :] Benoît Delépine

14 Juin

La voiture présidentielle normale, d’un président normal.

Il y a eu Aaltra, puis Avida, puis Louise-Michel, puis Mammuth et maintenant Le grand soir (en salles depuis le 6 juin). L’œuvre du duo Gustave Kervern/ Benoît Delépine prend de l’ampleur. Et quand on sait d’où ils viennent !.. Un vrai message d’espoir pour tous les cinéastes. Dans Le grand soir, Kervern et Delépine réunissent Poelvoorde et Dupontel ; 2+ 2 = la quadrature du cercle. Avec pour tangente la déesse de la patate, Brigitte Fontaine.

Le grand soir donc, un vrai bon film à géométrie variable. Qui déroute et qui surprend, mais qui, aussi, sait suivre sa ligne tracée à la règle. Un film drôle mais pas si drôle, où l’on trépigne et où l’on s’ennuie. Un film que l’on croit décevant, qui s’avère fascinant et que le temps va porter haut, assurément.

En forme, Benoît Delépine s’est prêté au jeu de la cinéphilie en livrant ses impressions et/ou souvenirs des films suivants.

BYE BYE BLONDIE (Virginie Despentes)

Je n’ai pas du tout eu envie d’aller le voir ! Rien que de voir Béatrice Dalle et Emmanuel Béart, ce n’est pas possible, ça a un côté artificiel. J’avais adoré son premier film, Baise-moi, vraiment adoré ! Une film de liberté, d’expérimentation, un vrai film de nanas, gonflé ! J’avais flashé comme un fou sur ce film. Plein de gens le considéraient comme un nanar, moi je trouvais ce film génial. Et je n’ai pas voulu voir Bye bye Blondie pour ne pas me tuer le souvenir du précédent. Voir Emmanuel Béart et Béatrice Dalle se gouiner, alors qu’elles ne vont même pas le faire vraiment… Ce sont des actrices connues, y a plus d’impudence, d’impudeur. Je préfère rester sur le souvenir de Baise-moi.

THEMROC (Claude Faraldo)

On l’a passé au festival de Quend (festival du film grolandais), mais… Je ne l’ai toujours pas vu ! C’est con.

LES PETITS RUISSEAUX (Pascal Rabaté)

Ben oui ! C’est marrant, c’est un thème assez proche du nôtre dans Mammuth. J’ai très vite reconnu la patte de Rabaté, de ses dessins. Il y a beaucoup de choses que j’ai aimées. Et puis il y a Reda Kateb sur qui j’ai vraiment flashé ; toute la partie avec ces mecs, un peu hippies, un peu punks, est vraiment bien. Bon j’ai personnellement un petit souci avec Daniel Prevost à contre-emploi. C’est ma petite gêne, mais comme il est tout le temps à l’écran c’est quand même une grosse gêne. Mais je ne vais incriminer personne ! Ni Daniel Prevost qui joue bien, ni Pascal qui le dirige bien mais c’est le choix qui ne me convainc pas.

LOUISE-MICHEL (Kervern & Delépine)

Un très bon film ! J’ai un regret sur ce film ; personne n’a compris que Louise-Michel c’est le nom du bébé à la fin, donc on sait pas non plus si c’est… Bon à part ça, c’est un bon film ! Ca a été une super aventure, tellement de souvenirs qui s’entrechoquent. Dont d’ailleurs les repérages avec Rabaté qui nous avait accompagnés sur l’île de Jersey. Les repérages, c’est génial. Y a rien, tu repères le tas de sable sans savoir encore avec qui tu vas jouer dessus. Et puis je me dis que c’est peut-être ce qui à donner envie à Rabaté de faire du cinéma ; il a dû se dire, si eux peuvent le faire…

BERNIE (Albert Dupontel)

J’avais vraiment apprécié, dans un style très particulier. L’important c’est d’être en phase avec soi-même. Et dans ce film, Dupontel est en phase avec lui, ce film c’est lui ! Et puis il y a des idées d’humour noir absolu. Bon la fin est plus faible, il a cette obsession du happy end, l’histoire d’amour tout ça. Il aurait pu s’en passer mais il a trop de respect pour le cinéma de Chaplin pour se permettre une mauvaise fin. Il se l’interdit. Et Albert dans ce film est topissime ! Malheureusement, ça y allait à coup de pelle dans Bernie et là ça se transforme de plus en plus en tortue qui vole. Mais il y a toujours des idées de cinéma géniales, Albert est là et puis c’est un mec tellement perfectionniste. Bernie est vraiment un grand film.

Propos recueillis par Romain Sublon

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Une Réponse to “[cinéphilie :] Benoît Delépine”

  1. Lucille vendredi 15 juin 2012 à 210957 #

    Kervern et Delépine racontent toujours la même histoire (des êtres en quête, que la Société rejette) mais toujours différement. Ils sont nos parents rêvés, qui avec le même livre inventent tous les soirs une nouvelle histoire.

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