[cinephilie :] Helena Noguerra, Bruno Salomone et Artus de Penguern

20 Juin

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Helena Noguerra, Bruno Salomone (acteurs) et Artus de Penguern (réalisateur et acteur) étaient à Strasbourg pour présenter La clinique de l’amour (sortie le 20 juin 2012).

Artus de Penguern, déjà auteur du singulier Grégoire Moulin contre l’humanité, a pour crédo, c’est lui qui le dit : faire rire sans avilir. L’élégance lui tient à cœur. Dans ce nouveau film où il s’amuse des amoncellements de clichés et de coups de théâtre qui « structurent » les soap-opéras, il fait ainsi la part belle à son cher humour poétique, mais ose aussi –paradoxalement ? non– des gags d’une réjouissantes crétinerie apparente, ou d’une surprenante violence (ceux qui ne goûtent pas l’humour poétique s’en félicitent).

Helena Noguerra, Bruno Salomone et Artus de Penguern se prêtent au jeu de la cinéphilie et réagissent aux films suivants.

GREGOIRE MOULIN CONTRE L’HUMANITE (Artus de Penguern) :

Artus de Penguern : C’est mon premier film. C’était ce que je voulais faire. C’est un excellent souvenir. Le tournage, les réactions du public : excellent souvenir. Très content d’avoir fait ça. Une lutte, mais très content.

Bruno Salomone : Moi j’ai une scène qui restera gravée toute ma vie, c’est la scène où il y a le chien qui conduit la voiture. Moi, dès qu’il y a un animal qui fait un truc d’humains ça me fait rire.

Helena Noguerra : Grégoire Moulin c’était génial. J’ai beaucoup aimé. J’ai vu ça quand Artus m’a donné le DVD, quand on a parlé de La clinique de l’amour, et tout de suite j’ai signé. Je me suis dis : oui, c’est absurde, c’est drôlissime, voilà, c’est « Artus ».

TWIN PEAKS – FIRE WALK WITH ME (David Lynch) :

Artus de Penguern : Alors je ne l’ai pas vu.

Bruno Salomone :  Moi non plus.

Helena Noguerra : Moi je n’ai pas vu le film, j’ai vu la série beaucoup. Et David Lynch, j’adore, je trouve qu’il a une liberté folle, magnifique, d’oser imposer comme ça sa pensé, son absurde. Alors c’est un autre genre d’absurde que La clinique de l’amour évidemment, mais c’est absurde aussi. Je n’ai pas vu le film, mais j’imagine que c’est tout aussi fou que la série ? Vive David Lynch.

Bruno Salomone : J’ai entendu dire que c’était moins bien que la série…

Artus de Penguern : En tout cas, ce qui est agréable chez David Lynch c’est sa singularité. C’est-à-dire qu’il arrive à exister dans un marché où 80% des choses sont très calibrées ; il arrive à faire des propositions de fou-furieux ET on continue à le produire et les gens continuent à venir. Et ça c’est plutôt de la bonne santé pour le cinéma mondial, on va dire.

POTICHE (François Ozon) :

Artus de Penguern : Alors moi, Potiche très franchement, c’est une adaptation d’une pièce des années 70 et je trouve que c’est resté une pièce des années 70. Voilà, je ne suis pas rentré dedans du tout. Du tout. Voilà.

Helena Noguerra : Moi j’ai bien aimé. J’ai bien aimé les acteurs, l’esthétique, ce qui s’y fait. J’aime assez bien ce que fait Ozon, même si parfois, notamment dans 8 femmes : 8 femmes j’ai trouvé ça cruel envers les actrices. J’ai trouvé que c’était un pamphlet anti-actrices et que c’était comme s’il disait « les actrices ont tué le cinéma » puisqu’il y a ce monsieur qui meurt et que c’est un peu la faute des actrices… Dans Potiche je trouve qu’il s’est un peu calmé sur ses revendications, ou en tout cas sur ce qu’il raconte sur les femmes. Je l’ai trouvé joli. J’ai trouvé joli aussi Deneuve en jogging au début du film, une image très forte. Et Fabrice Luchini, j’adore.

LES EMOTIFS ANONYMES (Jean-Pierre Améris) :

Artus de Penguern : Alors, je ne l’ai pas vu, mais Jean-Pierre Améris est un garçon absolument formidable : je trouve ce garçon généreux, sensible, pour moi il a toutes les qualités du monde. Je n’ai pas encore vu son film, mais j’aime beaucoup ce garçon.

Helena Noguerra : Alors. Moi, j’ai adoré –j’ai tout vu : la fille qui va au cinéma et qui ne fout rien de sa vie ! J’ai adoré. Je ne suis pas une fan de, euh je ne vais pas le dire, si je peux le dire : je ne suis pas toujours fan d’Isabelle Carré, mais à partir de ce film, oui, je le suis devenue. Je la trouve sensible, je trouve la rencontre des deux hyper sensible. La scène dans le restaurant, je ne sais pas si ça fait référence pour les gens, mais la scène dans le restaurant entre eux deux, elle m’a fait mais hurler de rire alors que j’étais toute seule au cinéma et que c’est très rare de rire tout seul, il faut être un peu accompagné. Et aussi la musique, je ne sais pas qui a fait la musique de ce film, mais je la trouve démente. Régulièrement, on me demande : tiens, t’as pas une idée pour mon film, il me faut une musique ? Je dis : le mec qui a fait Les émotifs anonymes ! Et cette petite scène : il y a une scène où Isabelle Carré danse et chante au milieu d’une galerie qui fait un peu référence à Demy, à Lola qui elle aussi traverse une galerie à Nantes, et donc il y a cette petite référence là à Demy qui est charmantissime. Isabelle Carré a maintenant toute mon estime.

DELICATESSEN (Caro et Jeunet) :

Artus de Penguern : Oui, je me souviens très bien du moment où il est sorti, tout d’un coup il y avait un truc qui débarquait dans le cinéma français. Il y avait une image particulièrement soignée, un point de vue cinématographique qu’on ne connaissait pas vraiment. Ça a été une très bonne surprise. Je sais que ça a été compliqué et long à monter et que le film a fait un succès. C’est un bonheur qu’un film comme ça existe.

Bruno Salomone : Je l’ai vu en partie, mais je n’ai rien à dire dessus… Je me rappelle de la boucherie, je me rappelle des mineurs parce que j’avais un pote qui faisait un des mineurs, qui avait une tête de dingue, et il y avait Pinon et l’autre acteur de Jeunet…

Helena Noguerra : Emilfork !

Bruno Salomone : Non pas Emilfork…

Artus de Penguern : Eric Averlant me semble-t-il.

Bruno Salomone : Enfin, je n’ai rien d’extraordinaire à dire, mais je me rappelle de ça, vaguement… Je suis très mauvais pour faire des commentaires sur le cinéma parce que très souvent je peux voir un film et l’oublier immédiatement.

Helena Noguerra : Ce n’est pas mon truc ce genre de cinéma. Il y a trop de démonstration, trop de postulats, d’en foutre plein la vue, c’est trop esthétique. Je ne suis pas du tout sensible à ça. J’aimais bien voir Emilfork, voilà, c’est pour ça que j’en parlais, parce que je trouve que c’est un grand acteur. Il est dans Delicatessen, ou je me trompe ? En tout cas, ce n’est pas un cinéma qui me plait celui de Caro, ni de Jeunet. Voilà, c’est dit, c’est fait : jamais je ne ferai de film avec eux. Dommage. Non, je dis ça parce qu’une fois qu’on l’a dit, il ne viennent pas vous chercher… C’est pas grave.

Cut : Sauf s’ils ont l’esprit de contradiction.

Helena Noguerra : Oui et moi aussi. Pourquoi je dis ça après avoir dit que je n’aime pas leur cinéma ? Dire : ah merde, peut-être que je ne travaillerai jamais avec eux ! C’est ça la connerie des acteurs, on veut tellement être aimés qu’on se dit merde, je viens de fermer une porte, c’est con. Mais ce n’est pas grave, je la ferme : allez, zou !

CAPTIFS (Yann Gozlan) :

Artus de Penguern : Ah oui ? Je trouve ça très bien foutu. Ça fait partie d’une collection, ça a été fait avec très peu d’argent. Il y a un rythme tout à fait haletant, je ne suis pas complètement convaincu par le scénario, mais je trouve que la réalisation est absolument impeccable, rien à redire, tout ça est très habité. Maintenant sur le scénario… En plus ce n’est pas tellement ma couleur ce cinéma. Mais par contre c’est quelqu’un qui sait fabriquer des films.

Cut : En fait j’étais curieuse parce que j’ai vu qu’il était remercié au générique de votre film –peut-être que c’est un homonyme ?

Artus de Penguern : Pas du tout non, c’est lui. Je trouve que c’est quelqu’un qui est investi, pénétré si je puis dire par ce qu’il fait et ça se voit. Il rend un travail où voilà, il y a un début, un milieu, une fin, les cadrages sont soignés, il y a une direction d’acteur… Je vois un vrai film, ce qui n’est pas toujours le cas. Mais je ne citerai pas de nom car je suis trop lâche !

Propos recueillis par Jenny Ulrich

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