[cinép(h)age:] STAR TREK (ép. 25/25)

25 Juin

Un film de J.J. ABRAMS (2009)

Un livre d’Alan Dean Foster (2009)

Pour une fois, prenons le processus à l’envers : que devient un film quand il se transforme en livre. La Règle du jeu (Raymond Varinot), La Dolce Vita (Lo Duca), eXistenZ (Luther Novak), Basic Instinct (Richard Osborne) : les arbres ne doivent pas cacher la forêt. La novellisation n’a pas bonne presse, autant auprès des professionnels du cinéma que chez les critiques littéraires. Et souvent à juste titre. Située à peu près au niveau des romans à l’eau de rose, la novellisation fait mauvais genre. Vite et mal écrites, généralement à partir du scénario, sans imagination et sans style, les productions n’ont souvent qu’une vocation : surfer à peu de frais sur le succès annoncé d’un film.

Le tout est très encadré, surtout chez les Anglo-saxons. Le livre Star Trek comprend pas moins de neuf copyright et la minuscule mention du réalisateur n’apparaît qu’en 4e de couverture.

On remarquera que faire travailler des écrivains à l’adaptation de leur livre se révèle intéressante, quand ils ne se décident pas eux-mêmes à la réaliser. En revanche, l’inverse est aussi rare qu’inefficace, à l’exception peut-être du travail effectué par Truffaut sur Les 400 coups.

Alan Dean Foster, scénariste et écrivain américain, est un spécialiste de la réécriture. On lui doit trois épisodes d’Alien, les romans tirés d’Outland, de Starman, des Chroniques de Riddick de Terminator Salvation et de Transformers 2 : la Revanche. Il sévit aussi sur ses idées propres, toujours dans la SF, mais aussi dans les univers du polar et de l’aventure.

J.J. Abrams et Zoe Saldana (Uhura)

Pour Star Trek, Foster a eu un peu de chance : un retard sur la sortie du film lui a permis d’en visionner une version quasiment achevée. Au final, les quelque 350 pages du roman se révèlent fidèles au film, et comblent des vides, insèrent des scènes inédites (comme la naissance de Spock par exemple, le Vulcain aux oreilles pointues), explore la psychologie des personnages (ce que ne brosse que sommairement J.J. Abrams, priorité à l’action oblige).

En revanche, il ne faut pas s’attendre à une grande qualité littéraire. Style absent et traduction lourde, approximation et phrases sibyllines. Tout ça est bien dommage. Pourquoi ne pas confier les novellisations à des écrivains avec une totale liberté d’adaptation ? Qui intègreraient dans leur imaginaire les intrigues et les héros ? Questions de droits et de susceptibilité, très certainement. Racheter les droits d’un livre coûte assez peu en comparaison.

Il existe un effet film sur toute adaptation littéraire : l’idée que transformer un livre en film sera certainement un bon résultat. La force de l’image, les émotions visibles sur les visages, les effets spéciaux, la musique… En 25 épisodes, nous avons vu que le bilan était plus mitigé. Un bon film reste toujours tiré d’une bonne histoire. Mais c’est très loin de suffire. Et si le cinéma, par sa forme, impose un imaginaire, le livre, lui, suggère et déploie un espace de liberté.

Franck Mannoni

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