[dvd :] HARA-KIRI – Masaki Kobayashi

20 Août

Ed. Carlotta

Pour le retour au chambara (film de sabre japonais), Carlotta signe une édition en parfaite adéquation avec le film proposé. Hara Kiri est une œuvre limpide, cinglante, épurée. Le contenu éditorial du Blu-ray opte pour un angle similaire. Un très court document situe le contexte historique du film, détaille le rite qui donne son titre au long métrage. Christophe Gans, alias le mauvais cinéaste le plus passionnant du monde, complète les bonii avec une présentation de 30 minutes, en tous points parfaite.

Il narre sa découverte du film, l’intérêt occidental pour le cinéma japonais et ses transgressions à l’orée des années 70,  situe Kobayashi et détaille la singularité de Seppuku (titre original). C’est à la fois peu et amplement suffisant. Même si Gans précise qu’il n’est pas nécessaire de connaître le contexte social et historique de l’œuvre pour apprécier le film, il apparaît largement salutaire de se pencher sur les compléments avant la découverte du long métrage. Le patron d’HK Video a par ailleurs le mérite de ne dévoiler que très peu d’éléments de l’intrigue dans son introduction.

Il faut une part de virginité à la découverte de ce classique du film de samouraï. Si l’on connaît plutôt bien les classiques du genre signé par Kurosawa (7 samourais, Le garde du corps), on notera d’emblée une approche graphique diamétralement opposée chez Kobayashi. Le cadre est plus géométrique, la profondeur de champ largement utilisée.

Kurosawa abusait des longues focales pour isoler ses personnages dans le champ, pour les rendre fiévreux, habités, instables. Kobayashi met ses décors en valeur, apparaît plus posé, plus distancié. Par contraste, les flambées de violence apparaissent encore plus démesurées et outrancières. En cela, Hara Kiri est d’une fascinante modernité.

Son réalisateur est un cinéaste majeur, passé à la postérité pour sa Condition de l’homme (édition Carlotta également, datant de 2006 et malheureusement épuisée). Il n’est pas un strict spécialiste du chambara, et use du genre historique pour désacraliser la figure romantique du ronin, attaquer le pouvoir central de l’époque et s’insurger contre la situation politique et sociale dans son pays au début des années 60.

Peu édité, peu connu dans l’Hexagone, Kobayashi est une vaste piste d’exploration pour un éditeur exigent comme Carlotta. Le titre pourrait donc annoncer d’autres découvertes.

Greg Lauert

NB : le film a fait l’objet d’un remake en 2011, signé Takashi Miike et historiquement premier film en 3D présenté en compétition à Cannes. Une édition conjointe des deux titres aurait pu être judicieuse.

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