[cinéphilie :] Pascal Bonitzer

8 Sep

Pascal Bonitzer (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son nouveau film, Cherchez Hortense (sortie le 5 septembre 2012).

On y suit plusieurs personnages, mais principalement Damien (Jean-Pierre Bacri) qui navigue à vue entre les amours de sa femme (Kristin Scott Thomas), une requête à adresser à son puissant père (Claude Rich) et une jeune femme sympathique (Isabelle Carré) qui travaille dans un restaurant où il a ses habitudes. Tout cela semble d’abord épars, puis peu à peu les pièces du puzzle trouvent leur place –aussi improbable soit-elle !

On parlera ou non de Cherchez Hortense dans la prochaine émission de CUTlaradio, en attendant, Pascal Bonitzer  réagit aux films suivants.

PETITES COUPURES (Pascal Bonitzer) :

C’est mon troisième film. Les deux premiers avaient très bien marché. Le premier était avec Jackie Berroyer comme acteur principal et Valeria Bruni Tedeschi, il s’appelait Encore et ça avait été un vrai succès pour un premier film. Et le deuxième, c’était Rien sur Robert qui avait été un franc succès aussi, avec Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain notamment. Et ce film-là (NDLR : Petites coupures) j’ai eu, d’abord, beaucoup de mal à l’écrire. Je ne c’est pas si c’est le succès qui peut avoir des effets paralysants, peut-être, je n’en sais rien, ou j’étais dans une phase un peu difficile. Le scénario, j’ai eu énormément de mal à l’accoucher et je crois qu’il a quelque chose de bancal. Néanmoins j’aime bien ce film. J’essayais en fait de sortir de la pure comédie. Dans mon premier film, je n’étais pas absolument sûr d’avoir fait une comédie et puis je me suis aperçu que le film faisait beaucoup rire, et dans le second j’avais accentué le côté comédie. Avec Luchini en plus ça marchait très bien. Mais ça commençait à m’agacer un peu parce que je n’ai jamais souhaité délibérément faire de la comédie et je crois que j’ai essayé d’aller un peu plus vers ce qui était mes goûts de spectateur, c’est-à-dire vers le film noir, mais ça reste un peu un truc entre deux chaises et le film n’a pas très bien marché. Il était donc avec Daniel Auteuil et Kristin Scott Thomas comme acteurs principaux, j’étais évidemment très-très heureux d’avoir suscité leur intérêt. Néanmoins, ça n’a as été un vrai succès.

TRES BIEN MERCI (Emmanuelle Cuau) :

C’est un film que j’aime beaucoup. C’est moi qui ai proposé le titre à Emmanuelle. Je connais bien Emmanuelle Cuau, même si ça fait quelques temps que je ne l’ai pas vue. Elle m’avait fait lire le scénario, elle n’avait pas de titre, je lui ai proposé ce titre-là. Que je trouve très bon ! C’est un très bon film, je ne crois pas qu’elle en ait fait depuis, j’espère qu’elle mènera à bien le prochain.

ÇA IRA MIEUX DEMAIN (Jeanne Labrune) :

Alors… Qu’est-ce que je peux dire ?… Jeanne Labrune a vu plusieurs fois Rien sur Robert et apparemment ça a fait tilt quelque part parce que avant elle faisait des films très durs, très noirs, avec de la violence, des choses comme ça, et brusquement elle a décidé de faire des comédies. Et ça a été la première. Ça a très bien marché d’ailleurs je crois. Mais j’ai peu de souvenirs du film en lui-même… Je ne crois pas du tout me donner trop d’importance parce qu’il me semble me souvenir qu’elle m’avait parlé du fait qu’elle avait vu trois fois Rien sur Robert et qu’elle s’était sentie brusquement l’envie de, elle-même, entrer dans le genre comédie.

HASARDS OU COINCIDENCES (Claude Lelouch) :

Je ne vois absolument plus ce que c’est. Il y a certains films de Lelouch que j’aime beaucoup, d’autres que je trouve faibles. C’est quoi ? C’est avec qui ? Il en a fait tellement…

CUT : En fait je l’ai surtout choisi pour son titre…

Pascal Bonitzer : Il y a quelques fois chez Lelouch, en effet, une utilisation du hasard intéressante. Il y a des jours… et des lunes, des films comme ça… Celui-là, je ne vois pas, je ne suis pas sûr de l’avoir vu en fait. Effectivement, le hasard et la coïncidence sont des éléments qui me sont très chers et qui jouent toujours un rôle dans mes films et en particulier dans le dernier.

STUPEUR ET TREMBLEMENTS (Alain Corneau) :

Oui. Alors j’aime beaucoup Sylvie Testud. J’aime bien Alain Corneau, et je crois que je n’ai pas vu le film.

L’AURORE (Friedrich-Wilhelm Murnau) :

L’Aurore de Murnau en revanche je l’ai vu. Evidemment c’est un chef-d’œuvre incontournable. Mais qui vous écrase tellement il est grand et beau. Et puis il est muet, moi je fais des films parlants, extrêmement parlants.

Propos recueillis par Jenny Ulrich

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