[dvd:] WELCOME IN VIENNA – Axel Corti

9 Sep

Ed. Montparnasse

Le parcours du triptyque historique écrit par Georg Stefan Troller est pour le moins chaotique. Il faut en effet attendre 2011 pour que les trois volets de la fresque sortent en salle en France. Auparavant, seule la dernière partie avait eu l’honneur des salles en 1986. Les éditions Montparnasse éditent la série complète, agrémentée d’une longue interview du scénariste G.S. Troller (1h40). L’errance des protagonistes, de 1938 à 1945, est en grande partie adaptée de sa vie. Issu d’une famille juive, Troller a émigré aux Etats-Unis en 1938. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a intégré l’armée américaine et s’est retrouvé en Europe, dans une division chargée d’interroger des prisonniers de guerre.

Welcome in Vienna n’est pas un film d’action, ou une œuvre qui cumulerait les faits. Comme Berlin Alexanderplatz de Fassbinder, il raconte la grande Histoire en suivant celle des petites gens, ceux qui sont ballotés par les événements. Il suit le destin d’un adolescent, d’une employée de préfecture, d’un soldat allemand résistant, contraints de fuir le nazisme. Réfugiés, soumis au chantage du marché noir, aux manipulations des passeurs, ils cherchent par tous les moyens à obtenir des papiers et un visa, vrais ou faux, pour passer en Tchécoslovaquie, en Italie ou en France. Arrêtés, persécutés, torturés, ils sont internés dans des camps, fuient encore. Aux Etats-Unis, ceux qui sont parvenus à débarquer suivent ces drames de loin, devenus suspects parce qu’étrangers dans une Amérique entrée en guerre.

Welcome in Vienna est une odyssée, qui commence et se termine à Vienne, de la montée du nazisme à la victoire finale des Alliés et à l’emprise des Soviétiques sur les pays de l’Est. Il illustre la difficulté de survivre sous la dictature, puis de vivre une fois la paix revenue. Freddy, de retour à Vienne après un long périple, refuse d’oublier le passé. Une partie des Autrichiens veut tirer un trait sur la période nazie. Pas lui. La fin des hostilités est prononcée, mais pour des centaines de milliers d’anonymes, les traumatismes restent.

Entièrement tournée en noir et blanc, cette trilogie est donc une histoire des mentalités. Elle montre comment le destin de chaque individu fait tourner les rouages de l’Histoire. Sans surenchère, en toute simplicité, ce qui ne veut pas dire sans moyens matériels, la Seconde Guerre mondiale se dévoile du côté des sans grades. A ce titre l’oeuvre du cinéaste Axel Corti a valeur de document.

FM

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