Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 5, ép.1)

16 Sep

Gérard Depardieu se met enfin au vélo.

5ème édition du festival. En arrivant au village fantastique pour récupérer une accréditation, j’ai la ferme sensation de jouer à domicile. Les visages et les lieux sont familiers. Un parfum de maturité flotte dans l’air. L’urgence et les errances d’organisation sont à présent masquées. Le ton est pro, et détendu.

Je croise Daniel Cohen, directeur artistique du festival. Quelques minutes avant le départ de la Zombie Walk, il me confie, avec un certain soulagement, que sans cette manifestation d’envergure, le festival n’existerait peut être plus aujourd’hui. Les voies du cinéma sont impénétrables. Je laisse la foule grimée battre des records d’affluence, et je m’engouffre dans une salle obscure pour ma première séance du festival.

The fourth dimension est un tryptique. Les segments ne se répondent pas, ne sont aucunement liés. L’exercice implique forcément un résultat inégal. C’est Harmony Korine, ancien scénariste de Larry Clark et cinéaste indé reconnu qui tire son épingle du jeu avec sa première partie. Val Kilmer, qui joue Val Kilmer, surprend avec une prestation de gourou exalté qui redonne l’espoir aux désoeuvrés entre deux tours en BMX. Il s’avère plus convaincant que chez Coppola, et pourrait rappeler à certains amnésiques qu’il peut être un comédien brillant (remember Tombstone et True Romance).

Je suis un peu surpris de l’affluence à la séance suivante. Je pensais que le film projeté n’attirerait que des initiés. Side by side est un documentaire produit par Keanu Reeves sur l’abandon progressif de la pellicule au profit du numérique. Le sujet est brillamment traité, et les plus grands cinéastes et chef opérateurs contemporains interviennent longuement à l’écran. Le film est un regard indispensable sur la mutation de l’industrie à un instant X. Dans dix ans, il n’aura peut être plus qu’un simple intérêt historique, mais à ce jour, il se révèle particulièrement stimulant. Pour les néophytes et les midinettes, on peut également y observer tous les looks possibles de Keanu (Neo change de style, de pilosité faciale et de coupe de cheveux à chaque interview. Fort !).

Le temps de regonfler les pneus du vélo de Jenny, attendue pour diverses interviews (je suis serviable pour ne pas être excommunié de l’émission radio, on l’aura compris), et on enchaine avec Scalene. Zack Parker aime Hitchcock et Bernard Herrmann, on le comprend dès la scène d’ouverture. En matière de mise en scène, il est resté bloqué en 1960 et on le comprend à peine plus tard. Scalene est un récit à la Rashomon, complètement daté et maladroit, qui évite soigneusement toute ambiguïté et toute tension. Mollasson et pudibond. Le cinéaste, sûr de son drame, lâche le trio n°2 pour piano de Schubert pour le générique final. Un peu de sérieux. Rendons à César, enfin à Stanley, enfin à Barry Lyndon ce qui lui appartient..

Le temps d’une pause, d’un dîner en duo, et je regagne une salle bondée pour la présentation du remake de Maniac signé Franck Khalfoun (il use de pseudos, maintenant, Alexandre Aja). Présenté en séance de minuit à Cannes, le film est précédé d’une réputation favorable. Il lui manque clairement une identité, avec sa partition post Drive, ses scalps destinés à choquer la ménagère et ce budget confortable qui crée d’emblée un fossé avec l’original fauché et cracra de Lustig. Je m’interroge sur la nécessité du remake. Si Langmann souhaitait produire un film d’horreur, il aurait été judicieux de partir sur un matériau original plutôt que de dénaturer un récit très ancré dans le New York des années 70 et indissociable de la figure de Joe Spinell. Le reflet perpétuel du Hobitt n’est pas désagréable en soi, mais le projet manque clairement sa cible.

Pour conserver quelques forces, je me suis épargné la projection de V.H.S et les premiers échos du matin ne semblent pas me donner tort.

Je replonge demain pour d’autres films « fantastiques ».

Greg Lauert

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