[dvd :] WHAT PRICE HOLLYWOOD ? – George Cukor

17 Sep

ed. Montparnasse

Mary Evans (Constance Bennett) est jolie, elle a de l’allure, elle vit à Los Angeles et sert des cafés en rêvant  de faire du cinéma… comme tout le monde dans ce film d’ailleurs. Mais son rêve, elle n’entend pas le réaliser n’importe comment : une brève scène la montre ainsi en train d’éconduire un véreux-vicelard prêt à tirer profit des charmes des demoiselles naïves sous de fallacieuses promesses. Mary préfère patienter.

Et elle a bien raison puisque sa chance ne tarde pas à tourner. Un soir d’avant-première, un grand réalisateur (Lowell Sherman, très bien) échoue, ivre, dans son restaurant. Il lui ouvrira les portes d’Hollywood et Mary, après un premier essai catastrophique, réussira à s’imposer à force de travail et de volonté. Tout ça sans coucher.

C’est un des aspects intéressants de What Price Hollywood ? : la future vedette et son mentor alcoolique sont liés par l’amitié et le respect, pas par la romance. Et leurs destinées, ascendante pour elle, déclinante pour lui, sont le cœur de l’oeuvre. La vie privée de Mary est tout de même développée en parallèle, on la voit se marier, avoir un enfant, se séparer, mais ce pan du film n’est pas tant là pour satisfaire aux conventions (enfin, un peu quand même) que pour nourrir les ragots imprimés dans la presse à scandale dont les manchettes rythment le déroulement de l’intrigue.

Le côté envers du décor est bien documenté, complet, traité sans complaisance. Cukor n’enjolive pas, il ne fait pas un film pour midinettes. Il y a bien sûr des personnages sympathiques, notamment le producteur (en écho à son ami David O. Selznick alors en poste à la RKO ?), toutefois celui-ci n’hésite pas à prendre des décisions qui font mal. Il y a des scènes amusantes aussi, pourtant sur le fond, ça reste étonnement dur : Hollywood, mais à quel prix ? Oui, il y a un prix à payer et ici il est élevé, pour elle comme pour lui.

Bien des années plus tard, Cukor reprendra les personnages centraux de What Price Hollywood ? (1932) dans sa version à lui d’Une étoile est née (1954). Il change cependant de ton, convoquant cette fois la romance et le mélodrame. L’éditeur souligne lui la parenté entre What Price Hollywood ? et The Artist de Serge Hazanavicius.

Jenny Ulrich

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