Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 5, ép.2)

17 Sep

On a retrouvé Nathalie Kosciusko-Morizet.

Deuxième jour, et deuxième film à sketchs segmenté en trois parties. Après Fourth Dimension, c’est au tour de Kim Jee-Woon et Yim Pil-Sung de proposer leur compilation, ciblée sur la fin du monde et intitulée Doomsday Book.

Kim Jee Woon, fort du succès du très putassier J’ai rencontré le diable, déplace les foules et intrigue les cinéphiles. L’anthologie présente toutefois les défauts propres à son format. Le premier segment est drôle mais bâclé. Le second propose un récit très intrigant mais s’avère verbeux et fondamentalement non cinématographique. Le troisième est une farce négligeable. Le tout est franchement insatisfaisant. On notera toutefois la présence au casting de Bong Joon-Ho, cinéaste brillant qui aurait mérité de rester de l’autre côté de la caméra pour stimuler quelque peu le projet.

Entre les séances, on me souffle que la projection de Shining dans le cadre de la rétrospective affichait complet à 18h, et que le concert à l’Aubette connaissait, dans le même temps, un beau succès. Si je m’attache pour l’instant, par choix et manque de temps, à la compétition, je ne manquerais pas de revenir, dans les jours qui viennent, sur les titres proposés en rétrospective.

A 20 heures, je reste toutefois focalisé sur les œuvres contemporaines. Johannes Roberts inscrit pourtant d’emblée son film dans l’histoire. Carpenter movie, dit il. Storage 24 est un film de monstre, résolument classique et référencé. Les couples se déchirent, les tensions deviennent des révélateurs de personnalité et une grosse bêbête court après les protagonistes en tapant contre la tôle.

Lors du débat suivant la projection, le cinéaste soulève, bien involontairement, un point évoqué par Kubrick, à savoir qu’un bon film est meilleur que tout ce que l’on peut en dire. Roberts s’étend, disserte, et égare le public. Il expose ses intentions, et s’isole de l’audience lorsque celle-ci réalise qu’aucune de ses velléités ne se retrouve à l’écran. Apparemment, Storage 24 serait une œuvre sur la peur des femmes. Si certains spectateurs parviennent à corréler cette idée avec ce qu’ils ont vu pendant 90 minutes, je serais ravi de les lire.

Le constat de la journée est alors bien mitigé, et je suis un peu réservé à l’idée d’aborder un film de fantômes adapté d’un court métrage de dix minutes. Les préjugés sont l’ennemi suprême du cinéphile. The Pact, de Nicholas McCarthy, est une œuvre brillante, totalement maitrisée. Le jeune cinéaste use très habilement de l’ensemble des éléments à sa disposition, évacue la charge gothique inhérente au film de fantômes et mélange sans mal plusieurs genres (thriller, fantômes, serial killers). Le final propose la plus belle scène d’angoisse claustrophobe que j’ai pu voir sur un écran depuis le Malveillance de Balaguero. Ce n’est pas un compliment anodin.

En toute logique, le favori de la compétition devrait être Insensibles, qui sera présenté vendredi et  qui arrive précédé d’une réputation très flatteuse. Personnellement, je placerais une petite pièce sur The Pact… Il sera largement temps de me pendre par les pieds après le verdict de samedi.

Greg Lauert

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s