Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 5, ép.3)

19 Sep

Carla Bruni « prend conscience » du présent.

Le début de soirée est très calme dans la grande salle du Star St Ex. Les trombes d’eau (ou la langue de Goethe) semblent différer l’arrivée du public.

Tous les ans, la direction artistique propose une petite alternative arty dans la sélection des films en compétition. Nous y sommes. Die Wand ! Deux mots qui sonnent comme une sentence. Ca ne déconne pas quand on touche au film de genre de l’autre côté du Rhin. Madame ne peut pas quitter le Tyrol. Un mur invisible la garde prisonnière d’un refuge de chasse. Alors elle regarde passer les saisons, et se lie à sa ménagerie. Si le postulat de départ est très excitant, le traitement s’avère particulièrement usant. La voix off omni (mais alors omni-omni) présente fait basculer le film dans une tentative strictement littéraire. Ce type de discours se trouve être l’ennemi du cinéma. Un monologue n’a pas vocation à suppléer des carences de mise en scène. Les intentions étaient louables, mais elles sont désamorcées par la pédanterie dominante de l’objet.

J’en profite pour glisser un petit coup de gueule sur un détail particulièrement préjudiciable pendant ce Wand. Was ist los, Greg ? Il faut abolir ces sous titres électroniques projetés dans un cadre blanc à même l’écran. Le surplus de luminosité que cela occasionne altère grandement la qualité de la photographie pendant les scènes de nuit et les scènes d’intérieur. Il n’y a sans doute pas de solution miracle à ce problème, sachant que le jury doit pouvoir apprécier le film avec des sous-titres anglais. Mais il se trouve qu’on parle de cinéma et que le rapport du spectateur à l’image doit être privilégié en toutes circonstances.

Le reste de la soirée sera placé sous le signe de la légèreté. Yul Brynner s’immisce dans une guerre de gangs post apocalyptique dans New York ne répond plus, de Robert Clouse (Monsieur Opération Dragon). L’audience est enthousiaste, et je me demande si Le narcisse noir, de Michael Powell (autre créneau rétro de cette édition) génère la même énergie. La copie 35 mm un peu rayée et la version française d’époque ont quelque chose d’infiniment rassurants. Yul et ses reflets sur un crâne lisse font là ce qu’ils ont fait auparavant dans une belle poignée de westerns. On en viendrait à oublier le contexte de fin du monde et à se dire que le film aurait pu se dérouler dans l’ouest sauvage, sans que l’on ait besoin de changer plus de trois lignes de dialogue. Une séance confortable, en somme, avant le retour à l’agitation de la séance de minuit.

On a trop produit, tourné, projeté de comédies de zombies depuis une petite dizaine d’années. Le genre est usé jusqu’à la corde. Mais il a encore sa place là, en festival, à minuit, dans la communion des aficionados. L’ambiance incite à moins d’exigence. L’association du cockney slang (argot de l’East End londonien) et des zombies se révèle très sympathique. Les sous titres ne rendent pas justice à certains dialogues proprement intraduisibles, mais les personnages sont attachants et l’énergie dégagée par le film suffit à repousser l’invitation de Morphée.

Au prochain épisode, je vous dirais quelques mots sur Shining, Juno Temple et les loups garous espagnols. Que de promesses…

Greg Lauert

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