Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 5, ép.4)

20 Sep

En fait, c’est pas ma bouche…

Dans la file d’attente pour accéder à la projection de 18 heures, nous sommes une poignée de spectateurs assidus à discuter de la programmation du Festival, et plus particulièrement de la compétition internationale. Les choix divisent, et c’est un signe d’audace salutaire.

Jack and Diane s’avère particulièrement déconcertant. Le cloisonnement dans un genre est toujours parfaitement réducteur, mais les éléments rattachant le film au fantastique ne s’étendent pas sur plus de deux minutes de métrage. Pour le reste, il s’agit d’une bluette adolescente, plutôt juste et touchante, mais quelque peu hors de propos dans le cadre du festival européen du film fantastique. Trois petites séquences d’animation suffisent-elles à faire basculer une œuvre dans le bizarre, dans un courant alternatif ? A bien y penser, l’essentiel demeure l’intérêt global des films et la section Crossover permet justement une prise de risque dans la sélection.

La séance de 20 heures est réservée à un documentaire de Rodney Ascher intitulé Room 237. Le film offre une tribune à divers spécialistes pour exposer des théories (fondées peut être, ahurissantes le plus souvent) sur Shining de Stanley Kubrick. L’adaptation du roman de Stephen King est-elle un manifeste pour la cause indienne ou un film sur la culpabilité réprimée de l’holocauste. Et si les sourcils de Stanley apparaissaient dans les nuages lors du plan d’ouverture ? Et pourquoi un figurant au troisième plan porte t-il un pull avec un numéro 42 brodé dans le dos ? Les nerds ont commencé à s’amuser bien avant Lost, de toute évidence…

Si certaines pistes apparaissent passionnantes, j’aurais tendance à penser que la grande majorité de la démarche du cinéaste relève de l’inconscient. Il y a toutefois quelque chose d’incroyablement stimulant dans cet élan cinéphile, dans cet investissement passionnel et résolu dans une œuvre majeure. Shining est d’ailleurs projeté dans la foulée au Star et fait salle comble.

Je suis tenu de m’astreindre à la compétition. Victimes fait une victime. Ou peut être 200… Personne n’est épargné dans la salle. Il serait toutefois malhonnête de juger ce film sur les mêmes critères que ses concurrents du festival. Les standards de qualité professionnels ne sont jamais atteints. La mise en scène, l’écriture, l’interprétation, la lumière, relèvent de l’amateurisme pur. Je n’en dirais pas plus.

La soirée s’achève toutefois sur une note enjouée avec la projection de Lobos de Arga. Après les zombis anglais et avant les nazis de l’espace, la séance de minuit propose du loup garou espagnol. Le réalisateur prône un pur divertissement. C’est exactement ce que l’on découvre. Les bestioles sont réussies, même si elles bougent un peu trop en pleine lumière, et sont à la limite d’évoquer les gorilles de Congo.

Mais la communion de cette dernière séance quotidienne demeure un grand plaisir du festival. Il s’agira d’en profiter encore pour quelques jours.

Greg Lauert

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