Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 5, ép.6)

23 Sep

Tu veux le voir, mon bel objectif ?

Je n’ai pas encore glissé un mot sur la rétrospective Michael Powell. Si les production Archers, en association avec Emeric Pressburger, recèlent plusieurs chefs-d’œuvre, c’est assurément son opus solitaire, Le voyeur, tourné en 1960, qui trouve le mieux sa place dans la programmation du festival. Ayant vu le film il y a quelques années dans un cinéma décrépi (dont je tairai le nom, parce qu’on ne fait pas de publicité à Homère ici) et dans une copie très fatiguée, je m’attendais à des conditions de visionnage difficiles.

La copie 35 mm projetée au Star est en fait de très belle qualité, très peu griffée. En quittant la salle, je me demande si j’aurai encore l’occasion de revoir cet hymne au cinéma sur un support pellicule. Ces rendez-vous cinéphiles sont parfois troublants en ceci qu’ils vous aident à prendre la mesure de  moments éphémères, de pratiques qui se défaussent. Il faut croire que Side by Side, vu une semaine plus tôt, me rend particulièrement paranoïaque quant à l’intégration forcenée du numérique.

Sur les coups de 20 heures, je profite de mon invitation à la cérémonie de clôture. C’est là, en observant cette tribune, cette organisation, cet accueil, que je prends la mesure de l’évolution du festival européen du film fantastique de Strasbourg. Les remerciements timides quoiqu’enjoués de Daniel Cohen quelques années plus tôt ont laissé place à un petit show, avec enchainement de vidéos et punch lines. C’est pro, c’est dense, et en matière de durée, ca devrait sous peu concurrencer la clôture de Cannes. La cérémonie est si complète qu’on en viendrait à oublier qu’un film suit.

Le réalisateur l’introduit en précisant, comme nombre de ses confrères au cours de la semaine, qu’il s’agit d’un divertissement et qu’on est libre d’y rire à gorge déployée et d’y prendre un plaisir immédiat. Finalement, il n’y a presque que Le mur invisible (Die Wand !!!!!!!) qui n’aura pas été présenté de la sorte pendant le festival. Safety not Guaranteed est une énième promesse de fantastique, un récit supposé de voyage dans le temps, qui prend le virage de la comédie romantique. Cette année, le FEFFS aura fait rêver les midinettes cachées en nous (loin, bien loin, tout au fond du goreux dominant).

La soirée se poursuit avec le traditionnel cocktail de clôture. Après l’intermède alcoolisé, il serait judicieux de revenir dans une salle obscure, pour se délecter des nanars de la nuit post apocalyptique. Mais je crains que les sièges du St Ex n’aient pas vu le moindre journaliste cette nuit là. Je les ai tous vus, moi, attablés autour d’un verre de vin, de bière ou d’un cocktail, errant d’un bar à l’autre jusqu’au petit matin. Et personne ne parlait de Sergio Martino ou de Bruno Mattei.

Greg Lauert

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Une Réponse to “Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 5, ép.6)”

  1. jenny lundi 24 septembre 2012 à 80815 #

    Greg, mauvaise langue : j’ai vu au moins 1/4 d’heure d’Atomic Cyborg, superbe copie 35, merveilleux doublage d’époque…

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