[cinéphilie :] Marc Fitoussi

6 Oct

Marc Fitoussi (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son nouveau film, Pauline détective (sortie le 3 octobre 2012).

Pauline (Sandrine Kiberlain) dirige une parution spécialisée dans les faits-divers, Le Nouveau Détective, et elle prend son travail à cœur. Alors quand suite à une rupture amoureuse qui la laisse au fond du trou sa sœur (Audrey Lamy) la force à partir en vacances en Italie avec elle et son mari/paillasson (Antoine Chappey), Pauline ne tarde pas à voir des crimes partout. D’autant qu’un serial killer rôde et qu’une vieille peau indiscrète disparaît mystérieusement…

Nous parlerons ou non de Pauline détective dans la prochaine émission de CUTlaradio, en attendant, Marc Fitoussi réagit aux films suivants.

FENETRE SUR COUR (Alfred Hitchcock) :

Je dois avouer que je l’ai revu et ça m’a un peu ennuyé. Peut-être que ce n’est pas par là qu’il faut commencer ! Non mais je l’ai revu parce que, ce qui est drôle avec ce scénario c’est que quand je l’ai écrit, je n’avais pas forcément ces références en tête. J’ai en tout cas écrit une séquence qui arrive très vite dans le film, où effectivement Pauline regarde par la fenêtre, elle aperçoit un voisin qui lui semble louche. Et donc, j’ai revu le film après, surtout pour tourner la séquence, puisqu’il est question aussi d’une malle, pour voir à quoi ressemblait la malle et comment dans le film d’Hitchcock le voisin trimballe finalement le corps… J’avais le souvenir d’un film beaucoup plus nerveux en fait, et je le trouve, peut-être du fait que James Stewart est coincé avec sa jambe etc., mais j’ai trouvé que le film prenait son temps. J’ai été très étonné par le rythme du film. Disons que ce n’est pas mon Hitchcock préféré, même si je trouve évidemment le film formidable. Je suis plus fasciné par un film comme Vertigo par exemple. Mais s’il faut parler de Fenêtre sur cour, je voudrais juste parler aussi de Frenzy qui m’a forcément marqué pour Pauline détective, avec ces femmes étranglées : là avec une cravate, chez moi avec une ceinture noire de karaté.

SŒURS DE SANG (Brian De Palma) :

J’adore sa musique. C’est un film que je n’ai pas revu et qui m’a pas mal effrayé quand je l’ai vu, assez jeune. J’avoue que là encore ce n’est pas celui que je préfère de De Palma. J’adore Obsession, qui est finalement un peu une relecture de Vertigo donc peut-être que ça s’explique comme ça. Et puis de De Palma, j’aime beaucoup aussi Pulsion. Et aussi Body Double, qui là pour le coup est une relecture de Fenêtre sur cour, mais que je trouve assez fou, et très daté. Ce qui est assez génial chez De Palma c’est que c’est quand même un réalisateur qui est très marqué par ses époques. C’est-à-dire que ses films 70 sont très 70, ses films 80 sont très 80, et de la même manière je trouve que –c’est peut-être le dernier ?- Femme fatale est très 2000… Mais voilà, je trouve que ce sont des films qui forcément deviennent de plus en plus beaux, parce qu’ayant comme ça une patine qui les rend encore plus vibrants.

VACANCES ROMAINES (William Wyler) :

Je ne l’ai jamais vu. A chaque fois que j’ai voulu le voir, je ne sais pas pourquoi j’étais toujours entouré de gens qui me disaient : oh c’est un peu mièvre, tu ne vas pas aimer, c’est hyper daté… Et finalement, je ne l’ai jamais vu ce film. En plus évidemment c’est le genre de films qu’on vous cite quand vous faite un film sensé se dérouler en Italie, etc. Et je sais que j’ai voulu le voir pour faire ce film et je ne l’ai pas vu parce que je me suis dit c’est un film en noir et blanc alors que moi je ne rêvais que de Technicolor. Donc je me suis dit que je le verrai plus tard.

LES FRISSONS DE L’ANGOISSE (Dario Argento) :

Eh bien ce film, ses films en tout cas à Argento, c’est marrant parce que je n’y ai pas forcément pensé lorsque je tournais Pauline détective… Disons que Dario Argento m’est apparu alors qu’on tournait, plus exactement. C’est-à-dire que sans faire la demande auprès de la chef-op par exemple, par rapport à un choix de lumière, etc. je me rendais compte que c’était assez facile de tomber dans le giallo lorsqu’on fait des séquences de nuit, qu’on a besoin par la lumière d’assumer quelque chose qui pourrait faire peur, etc. Et par exemple, la dernière séquence de Pauline, maintenant je suis content de me dire qu’on dirait du Dario Argento. Alors peut-être qu’il n’y a que moi qui voit ça, mais la nuit italienne dans un film pseudo-policier fait qu’on tombe assez facilement dans ce cinéma que j’adore. Que j’adore mais je ne m’attendais pas à ce que Pauline puisse, par moments en tout cas, ressembler à ça.

HOLLYDAY (Guillaume Nicloux) :

Je ne l’ai pas vu non plus. En fait, je me souviens que Hollyday, j’ai eu peur en lisant le synopsis : un hôtel, un crime. Je me suis dit : oula ce film se tourne juste avant le mien… Et puis des gens l’ont vu et m’ont dit : tu n’as rien à craindre. Non pas qu’ils n’ont pas aimé le film, mais voulant dire par là que ça n’avait strictement rien à voir. Mais je serais quand même curieux de le voir parce que je me dis que peut-être c’est aussi, comme Pauline détective, une comédie assez sophistiquée. C’est-à-dire qui en tout cas se soucie de l’esthétisme, peut-être des costumes, etc. Et finalement ces comédies-là ne sont pas si nombreuses. Et… Pourquoi je n’ai pas eu envie de le voir ?… Je pense que c’était une affaire de casting en fait ; je n’en dirai pas plus !

Propos recueillis par Jenny Ulrich

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