[dvd :] COFFRET VOYAGES VERS LA LUNE

8 Oct

Ed. Artus films

Après Destination Mars, Les dinosaures attaquent et Les monstres viennent de l’espace, nos amis de chez Artus films sortent un nouveau coffret SF, cette fois consacré aux voyages vers la lune. Chronologiquement, les hostilités sont ouvertes avec Project Moonbase (1953) de Richard Talmadge. Il y est question d’une mission spatiale envoyée sur la lune pour repérer le terrain en vue d’y implanter des colonies. C’est la bande la plus faible du lot, très « anciennes valeurs », c’est à dire gentiment misogyne et doucement pentue à droite. La mission est dirigée par une charmante jeune colonel fort bien coiffée et pomponnée mais incapable de prendre une décision ou de gérer une situation de crise. Heureusement, son all-american-boy de subalterne est là pour sauver les meubles et lui faire retrouver le chemin de sa cuisine, histoire d’y échanger des recettes de bortsch avec le méchant traitre russe de service. Sous ses dehors désargenté, le film n’est heureusement pas exempt d’un certain humour, tel ces panneaux « Défense de marcher sur les murs » placardés dans les couloirs de la station spatiale.

Pas de raison de s’appesantir dessus malgré tout puisque juste derrière se trouve la meilleure œuvre de la sélection, De la terre à la lune (1958) de Byron Haskin, adapté du roman éponyme de Jules Verne, comme l’auront deviné les esprits les plus vifs. On y suit, après la guerre de sécession, la rivalité puis l’alliance de Barbicane et Nicholl, marchands d’armes et scientifiques, bientôt embarqués dans un voyage vers la lune. Le film, fort bien emballé par le réalisateur de La guerre des mondes, a la classe et le charme particulier que l’on retrouvent dans les meilleures adaptations de Jules Verne. Comme de juste, la reconstitution d’époque est soignée, l’imagerie scientifique est le nec plus ultra de ce qui se faisait à la fin du 19e siècle et les personnages bénéficient tous d’une certaine épaisseur. Pour preuve de sa volonté d’être un divertissement autant pour adultes que pour enfants, De la terre à la lune se conclut sur une jolie fin ouverte en lieu et place du happy end attendu.

Missile to the moon (1958 également) de Richard E. Cunha fait tout de suite beaucoup moins sérieux. Deux scientifiques, Dirk et Steve, et deux évadés d’un centre de détention pour délinquants juvéniles font bientôt route pour la lune. Sur place, ils auront maille à partir avec la population locale : une civilisation d’Amazones sur le déclin, des monstres de pierre et des araignées géantes. L’histoire est en fait beaucoup plus compliquée que ça. Le film de Richard E. Cunha fait partie de ces petites séries B qui contrebalançaient le dérisoire de leur budget par le délire de leur scénario. Pour avoir une idée de la manière dont se tournaient ce genre de bandes, il suffit de savoir que Missile to the moon, remake de Cat-women of the moon (1953) de Arthur Hilton, fut mis en chantier pour être diffusé aux côtés du Frankenstein’s daughter du même Richard E. Cunha (les films étaient projetés en double programme) et tourné en une petite semaine pour la somme de 80 000 dollars. Il n’y avait qu’une marionnette d’araignée (louée pour pas cher aux Studios Universal) et les Amazones sélènes étaient toutes issues de concours de beauté locaux, donc graphiquement spectaculaires mais incapables de prendre leurs marques et de dire leurs textes correctement. Le plus surprenant aujourd’hui, c’est que l’on a guère besoin de se forcer pour rentrer dans l’histoire. À savourer, de préférence, avec une bonne bouteille de Valstar.

Dans la dernière œuvrette de la fournée, Mutiny in outer space (1965) de Hugo Grimaldi, une équipe d’astronautes ramène à la station spatiale, après une expédition sur la lune, un champignon parasite qui va bientôt s’étendre dangereusement, tuant tout sur son passage et allant jusqu’à « enrober » toute la station de l’extérieur. C’est un peu Le blob dans l’espace, avec quelques idées intéressantes (le mal de l’espace, qui rend paranoïaque et dangereux ceux qui ne sont pas retournés sur terre depuis trop longtemps) et un cachet d’un autre temps – en 1965, on ne tournait déjà quasiment plus de bandes de ce genre – pas désagréable.

Au bout du compte, un coffret aux copies très correctes, qui ravira nostalgiques et amateurs de maquettes et autres monstres caoutchouteux.

Mathias Ulrich

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