[dvd :] LE CIMETIERE DES MORTS-VIVANTS – Massimo Pupillo

23 Oct

Ed. Artus films

Radicalement différent du très bis et doucement idiot Vierges pour le bourreau du même Massimo Pupillo, Le cimetière des morts-vivants est un film d’horreur gothique à la fois classique et de grande classe. On y suit l’arrivée d’Albert Kovac, notaire de son état, dans un petit village d’Europe de l’Est, où il doit régler une affaire de succession. Sur place, il apprend que le client qui l’a contacté, un grand passionné d’occultisme, est en fait décédé depuis un an dans des circonstances mystérieuses…

Dans les suppléments du DVD, le spécialiste du cinéma populaire Alain Petit nous rappelle à quel point Pupillo était un cas curieux. Documentariste peu intéressé par la fiction, il accepte pour des raisons alimentaires de tourner Le cimetière des morts-vivants mais laisse son producteur le signer, et même retourner des scènes pour le marché américain. Il n’avait pourtant vraiment pas de quoi rougir d’un film où son manque d’attrait pour le fantastique ne transparaît jamais à l’écran.

Si le film est chiche en effets horrifiques (il y en a malgré tout), Pupillo sait créer une atmosphère délétère et fignoler détails et accessoires : un antique phonographe d’où surgit une voix d’outre-tombe aux propos pour le moins mystérieux, des mains de lépreux coupées et conservées sous cloche de verre qui se mettent subitement à s’agiter… Il soigne son suspense, rythme les morts par des grincements et autres bruits inquiétants, peaufine ses seconds rôles (on se contentera de citer l’inénarrable Alan Collins en jardinier taiseux)… Pour satisfaire les amateurs d’horreur plus graphique, il finit même par lâcher son approche purement atmosphérique dans une dernière bobine pleine de pierres tombales ouvertes de l’intérieur et de maquillages purulents.

Bref, on peu dire que Pupillo s’applique et que ça paye. En dépit de sa réputation d’œuvre mineure dans la carrière de la grande-dame-de-l’horreur-malgré-elle Barbara Steele, Le cimetière des morts-vivants apparaît à la revoyure comme une vraie réussite du gothique à l’italienne. Un de ces joyaux aux sentiments exacerbés et au décorum roi qui firent les beaux soirs des salles de quartiers durant les années 60. Niveau suppléments, Artus a vraiment bien fait les choses, en dehors de la passionnante intervention d’Alain Petit, on retrouvera une galerie de bandes annonces et surtout les deux scènes alternatives tournées pour le montage américain.

Mathias Ulrich

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s