[agitation :] Le 35e Festival du Film Italien de Villerupt (54)

25 Oct

Du 26/10 au 11/11/2012

Partir pour Villerupt (54), près de la frontière luxembourgeoise, c’est un peu se rendre à Little Italy. Comme dans toute la région sidérurgique, la ville a vécu au rythme des mines, des hauts fourneaux et des aciéries. Florange et Gandrange, sous les feux de l’actualité économique, ne sont qu’à quelques kilomètres, côté mosellan.

La commune abrite un festival du film italien qui a gagné ses galons et rivalise avec son homologue d’Annecy. Cette année, pour sa 35e édition, le FFIV affiche, du 26 octobre au 11 novembre 2012, une programmation ambitieuse, avec de très nombreuses œuvres qui viennent tout juste de sortir en Italie ou qui sont des avant-premières en France.

Le jury sera présidé par le cinéaste Florent Emilio Siri (Nid de guêpe avec Nadia Farès, Otage avec Bruce Willis, L’Ennemi intime avec Benoît Magimel). Il sera secondé par l’actrice Donatella Finocchiaro (Terraferma d’Emmanuele Crialese), par l’assistant réalisateur Paolo Trotta (collaborateur d’Alain Resnais et de Matteo Garrone notamment) et par la productrice Anne Schroeder (Samsa Films). Le jury du prix de la presse a été confié à Nicolas Azalbert des Cahiers du Cinéma.

O. Sacchelli, délégué artistique du FFIV (tenant l’affiche à gauche)

Des invités viendront également à la rencontre du public : Donatella Finocchiaro le 26/10, Luigi Lo Cascio le 10/11 et Marco Tullio Giordana le 11/11, parmi d’autres. A noter aussi la venue d’Enzo D’Alò le 10/11, auteur d’un Pinocchio que tout le monde attend.

Le voyage, thème majeur de cette édition, recouvre plusieurs univers. C’est l’aller sans retour des Italiens partis à l’étranger à toutes les époques. C’est aussi, parfois, toutes les questions qui surgissent lors du retour au pays. Le cinéma italien n’a jamais rompu avec sa tradition sociale. Et les sorties 2012 en sont l’illustration.

En compétition notamment, La Città ideale (La Cité idéale) de et avec Luigi Lo Cascio. L’acteur, vu dans la fresque Nos Meilleures Années (2003), réalise là son premier film. Un homme y vit pleinement ses aspirations écologiques. A noter aussi l’oeuvre très émouvante d’Ivano De Matteo, Gli Equilibristi (Les Equilibristes), sur la descente aux enfers d’un père de famille séparé, qui se désocialise. Plus politique, surgit Romanzo di una strage (Roman d’un massacre) de Marco Tullio Giordana, avec Luigi Lo Cascio. Giordana revient sur l’attentat meurtrier de Piazza Fontana, survenu le 12 décembre 1969, à Milan. Le crime, attribué à l’extrême droite et aux services secrets italiens, inaugure les années de plomb en Italie. Dans un tout autre genre, Il Mundial dimenticato (Le Mondial oublié) de Lorenzo Garzella et Filippo Macelloni, oscille entre le documentaire fiction et le pur délire cinématographique. En 1942, se serait tenu en Patagonie un Mondial de football, organisé par un aristocrate excentrique, le compte Otz. Un film inclassable et créatif à la fois. A voir aussi la comédie de Carlo Virzi, I Più Grandi di tutti (Les Plus Grands de tous), sur un groupe de rock qui se reforme dix ans après une brouille mémorable. Au total, vingt films rivalisent pour la palme locale.

Vingt-et-un films sont présentés en Sélection panorama, tous en distribution ou en avant-première. Ressortent du lot le Pinocchio d’Enzo D’Alò, très fidèle au texte de Carlo Collodi. Le pantin qui veut devenir un petit garçon est toujours à la mode. Roberto Benigni en avait proposé sa version en 2002, ce qui a du coup retardé la version de D’Alò. Guillermo del Toro et Mark Gustafson en proposeront une adaptation animée en 2014. Le FFIV boucle aussi un cycle Bellocchio, puisque sera programmé son dernier film, Bella addormentata (La Belle endormie) et son tout premier Les Poings dans les poches (1965).

Comme tout festival qui se respecte, 17 films seront proposés en Rétrospective. Un éventail qui va du Voyage en Italie de Roberto Rosselini avec Ingrid Bergman (1954) à Dix Hivers à Venise de Valerio Mieli (2009), notamment. Une exploration qui se poursuit avec une Carte blanche aux Cahiers du cinéma qui a choisi des œuvres emblématiques, dont L’Avventura d’Antonioni (1960) et Accatone de Pasolini (1961).

Enfin, un Portrait spécial sera consacré à Giuseppe Ferrara, cinéaste engagé aux films toujours polémiques. Cent Jours à Palerme (1984), avec Lino Ventura, raconte le combat du général Della Chiesa, préfet de Palerme assassiné par la Mafia en 1982. Narcos (1992), illustre le monde de la drogue en Colombie. Deux exemples parmi d’autres de sa filmographie.

Des séances décentralisées se tiendront à Luxembourg-ville, Metz, Nancy et au Star à Starsbourg.

En quinze jours effrénés de projection, le FFIV aura rempli son contrat : rendre compte de la vitalité du cinéma italien.

Franck Mannoni

Note : Le vendredi 9 novembre, en lien avec le Festival, Le Star à Strasbourg programme Il Paese delle spose infelici, de Pippo Mezzapesa (2011).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s