[dvd :] LA CRYPTE DU VAMPIRE – Camillo Mastrocinque

29 Oct

Ed. Artus films

Adaptation non officielle mais néanmoins relativement fidèle du Carmilla de Sheridan Le Fanu, La crypte du vampire est l’une des quelques incursions de Christopher Lee dans le cinéma d’horreur italien. Le film voit l’arrivé d’un restaurateur de tableaux au château du Comte Ludwig de Karnstein (Lee, dans un rôle pour une fois positif). Ce dernier cherche à mettre la main sur une peinture représentant Sheena, sorcière morte crucifiée et ancêtre de sa fille, Laura, qui pense en être la réincarnation et est en proie à de terribles cauchemars. Dans le même temps, plusieurs jeunes filles de la famille Karnstein sont retrouvées mortes et la troublante Lubja est accueillie au château suite à un accident de calèche…

De Et mourir de plaisir de Roger Vadim à La mariée sanglante de Vicente Aranda en passant par The vampire lovers de Roy Ward Baker ou La morte ha sorriso all’assassino de Joe D’Amato, qui en reprend des éléments par-ci, par-là, Carmilla aura énormément inspiré – et souvent plutôt bien – les cinéastes Européens, dans des adaptations très dissemblables qui ne choisissent souvent pas de mettre l’emphase sur les même éléments.

La crypte du vampire, qui nous intéresse ici, reste très discret en matière de représentation de l’homosexualité féminine. Il possède par contre tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un film d’horreur gothique italien de la grande époque : noir et blanc très contrasté, escapades nocturnes dans les bois en déshabillé vaporeux, château plein de coins et de recoins, malédiction ancestrale, tombe de la sorcière escamotée au fin fond de la crypte familiale, scènes chocs et moult cris dans la nuit… Si le film est plus appliqué qu’innovateur, Mastrocinque, réalisateur déjà âgé dont on connaît peu la carrière qui commence dans les années 1930, se montre plutôt à l’aise avec le genre, ce qu’il confirmera d’ailleurs avec le tout aussi réussi Un ange pour Satan deux ans plus tard.

En fait, si La crypte du vampire n’était pas appelé à rentrer au panthéon du genre, on est ici dans un pur plaisir immédiat, et c’est déjà très bien. Il était beau le temps où l’on situait les films d’horreur dans des châteaux isolés perdus au fin fond d’une Europe pleine de légendes et de superstitions. Là où l’isolement – d’âme aussi bien que géographique – causait l’exacerbation des événements comme des sentiments. Un monde à part.

À noter une curiosité de doublage : le pourtant très identifiable Roger Rudel (la voix française de Kirk Douglas) post-synchronise deux personnages différents, n’apparaissant jamais ensemble à l’écran mais dont les scènes s’enchaînent parfois, rajoutant au film un curieux aspect schizophrénique au second degré ! Niveau bonus, une intervention d’Alain Petit – en petite forme, dirons-nous : il ne sait même pas reconnaître le charme certain d’Adriana Ambesi – et l’habituelle galerie de bandes annonces des films de la collection gothique Artus. Remercions-les au passage d’avoir su dégotter la plupart d’entre elles en VF : les narrations, très actualités Gaumont, et le sens de la formule percutante leur rajoutant encore un charme supplémentaire. Toute une époque.

Mathias Ulrich

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