[à l’affiche :] NOUS YORK – G. Nakache & H. Mimran

7 Nov

Aucune femme n’a été maltraitée dans ce film.

La trentaine, peu épanoui, enlisé dans une relation père fils océan d’incompréhension, vivant dans sa cité de Nanterre (possiblement chez ses parents mais pas sûr non plus), il part, sans être pour autant le personnage principal (pas assez charismatique), en voyage à N(petit cœur)us York avec deux de ses amis de toujours (deux garçons) pour retrouver les deux filles de la bande d’amis de toujours qui elles vivent à New York (les filles sont donc plus cools).

Les cinq reconstituent ainsi, à l’occasion de l’anniversaire d’une des filles, la bande de toujours qui ne s’étaient pas retrouvée depuis au moins trois ans (peut-être plus, peut-être moins, mais en fait on s’en fout) ; un film sur l’enfance quoi.

 Je reprends, la trentaine peu épanouie et enlisée:

– « J’ai l’impression de ne toujours pas être parti du niveau zéro. »

L’une des deux filles de la bande, même âge, plus épanouie mais enlisée elle aussi à sa manière – les possibilités en la matière sont vastes :

– « C’est parce que tu ne te rends pas compte que tu vaux des milliards… »

Regards d’expression amoureuse sur les deux visages, suivis des inévitables premiers bisous bisous hyper romantiques, tout ça de nuit assis sur le bord de l’East river côté Brooklyn (donc vu sur la skyline de Manhattan). Soupir affligé du spectateur malintentionné qui ne respecte rien.

Il est plus que certain que cette retranscription de dialogue soit imprécise, par contre, il ne fait aucun doute sur le fait qu’elle épouse – surtout pour le pire – l’esprit du film. En fait, je ne suis même pas sûr que ce film vaille une critique texto. Pourtant, je dois le confesser, entre les moments de gêne – genre surprendre un ami sur youporn –, les pesanteurs d’un bloc de béton au pied d’une victime de la mafia, les coups de stabilo en guise de subtilités, les gags ratés mais répétés et les ralentis de sourire triste le regard dans le vague tourné vers le ciel, mes yeux – contre mon gré – ont rougi.

Les ficelles ont beaux être grosses comme des pylônes de téléphériques – c’est tout juste si on ne vous épluche pas un oignon sous les yeux pour vous tirez une larme – mais je dois avouer qu’il y a eu des moments où j’ai été ému. J’ai pas pleuré hein, seulement rougi des yeux.

Aujourd’hui, il ne me reste du film plus qu’une citation mal retenue, mes fines manœuvres pour masquer mes yeux rougis et honteux aux autres spectateurs en quittant la salle à la fin du film et une question : qu’est ce que cette émotion ? Qu’est ce que cela raconte du cinéma ? Voici une petite suggestion de mots clés : manipulation, exigence (élitisme ?), divertissement, populaire (pratique, on peut dire n’importe quoi avec), plaisir, sensibilité et salissant (à ne pas laisser entre toutes les mains).

Il s’agit dès lors de les mettre dans le bon ordre en les accompagnant de quelques effets de style. Ou qui sait, peut-être qu’en fait, Marc Levy® est tout simplement mon idole ?

Adrien

NOUS YORK de Géraldine Nakache et Hervé Mimran // Avec Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, Manu Payet, Nader Boussandel et Baptiste Lecaplain // En salles le 7 novembre 2012

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