[dvd :] STARBUCK – Ken Scott

8 Nov

Ed. Diaphana

Le synopsis de Starbuck est surprenant : alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants (déjà âgés d’environ 20 ans) déterminés à la retrouver. Et à côté de ça, il a une dette de 80 000 $ envers des dealers.

Starbuck aborde la peur de l’engagement, l’évolution du rôle du père dans notre société et bien sûr les conséquences d’un don de sperme trop prolifique… Ken Scott (qui signe ici son deuxième long-métrage en tant que réalisateur après Les Doigts Croches) et son co-scénariste Martin Petit aiment tellement leur protagoniste qu’il est difficile de ne pas s’attacher à ce personnage de grand gamin ; on a envie de le suivre dans ses galères et on espère pour lui que tout se finira bien. Cela commence comme une qualité, mais évolue comme un défaut : Starbuck, malgré son sujet, ne prend pas trop de risque si ce n’est de posséder quelques élans de dramedy. Starbuck peut se vanter du talent comique de ses acteurs et d’une certaine fraicheur dans sa réalisation, mais pas de son traitement. Malgré quelques séquences demeurant excellentes en termes de jeu et de dialogues, le scénario sombre peu à peu dans la facilité.

Attention, ce passage contient des SPOILERS :

Durant la première heure du film, le personnage de David rencontre quelques uns de ses enfants sans qu’ils sachent qu’il s’agit de leur père biologique. Il rencontre notamment un serveur voulant devenir acteur, David lui prête sa bagnole pour que son fils passe une audition importante durant ses horaires de boulot. Le fils réussira l’audition. Ok, c’est mignon, et pourquoi pas. Après, il rencontrera une de ses filles qui se trouve être une junkie ; elle fait une overdose après avoir pris de l’héroïne, va l’hosto, papa signe la décharge, lui dit quelque chose du genre « Tu dois arrêter de prendre de la drogue, c’est mal », et la jeune fille semble effectivement arrêter du jour au lendemain. Foutaise ; on aura rarement vu une junkie avec une aussi bonne mine ! Ensuite, il rencontre un autre fils, Antoine, un emo tout droit sorti des poubelles d’un film de Tim Burton, qui débarque chez lui alors qu’on ne sait ni d’où il vient, ni comment il a eu son adresse et ni pourquoi il tient tant à garder le secret de l’identité du père biologique auprès de ses innombrables frères et sœurs. Ah oui, et il a un enfant handicapé. Et à la fin, tout se finit bien, David n’a plus de dettes, les gamins apprennent son identité et viennent lui faire la bise (sauf l’enfant handicapé, il l’a oublié). Ce qui demeure finalement plus intéressant dans Starbuck, ce n’est pas le fait qu’il ait 533 mioches, mais pourquoi il a fait autant de dons de sperme. Et lorsque la raison est enfin dévoilée, elle demeure facilement touchante… Ah oui, j’oubliais, la relation entre David et la future mère de son enfant est complètement transparente ; ce n’est pas parce qu’on filme une femme en train de râler devant un bac à sable avant son accouchement en disant « Si je le pouvais, je frapperai ce mioche » que le personnage devient percutant.

Starbuck possède tous les ingrédients et tricheries scénaristiques pour que le spectateur se dise à la fin « Oh, c’était un beau film, quand même. » Le film n’est jamais à la hauteur de son sujet ; ce n’est pas plus intéressant et couillu qu’un Amélie Poulain. Autour du sujet de la peur de l’engagement et de la paternité, mieux vaut se tourner vers le scénaristiquement moins « what the fuck », mais nettement plus drôle et intéressant En cloque, mode d’emploi (Knocked Up) de Judd Apatow.

Le dvd propose un petit entretien de 6 minutes avec le réalisateur Ken Scott, des scènes coupées, un clip musical, des bandes annonces et… un quizz sur les expressions québécoises qui s’avère être le plus intéressant de tous les bonus. Pour les personnes, comme moi, qui ont du mal à comprendre ces expressions, des sous-titres français partiels sont proposés durant la lecture du film histoire de ne pas être complètement largué.

Rock Brenner

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