[dvd :] COLONEL BLIMP – M. Powell & E. Pressburger

9 Nov

Ed. Carlotta

Carlotta poursuit l’exploration et l’exploitation des productions ARCHERS. Après Les chaussons rouges et Le narcisse noir, l’éditeur se penche sur Colonel Blimp du duo Powell / Pressburger (The Life and Death of Colonel Blimp, pour qui voudrait de l’exhaustivité).

Le mode opératoire de l’éditeur est semblable. La copie est sublimement restaurée, introduite par Martin Scorsese. Le film s’accompagne d’un entretien avec Thelma Schoonmaker, veuve de Powell et monteuse de Scorsese depuis Raging Bull, et d’un documentaire plus général sur la création de l’œuvre. Ce dernier supplément permet d’entrevoir la carrière chaotique d’un film haï par Churchill, produit pendant la guerre et qui jette un regard débonnaire sur les relations anglo-allemandes.

Historiquement, Colonel Blimp est probablement le titre le plus passionnant de Powell et Pressburger, de par sa génèse, son exploitation, son contexte. Mais il faut bien noter qu’il est antérieur aux grands chefs d’œuvres des deux cinéastes anglais. C’est sur ce tournage que Powell remarque Jack Cardiff, et choisit d’en faire, pour l’avenir, un collaborateur privilégié. Le duo, devenu trio, parviendra à sa pleine maturité quelques années plus tard avec les deux films précédemment édités en Blu-ray par Carlotta. Blimp est ample, dense, tour à tour léger et grave. C’est une œuvre longue et foisonnante, qui mérite plusieurs visions. Il ne faut pas y chercher la précision du récit, la perfection graphique que l’on pourrait entrevoir dans Les chaussons rouges. Powell est en 1943 un cinéaste aguerri, qui a déjà connu le succès. Mais sa collaboration avec Pressburger est encore balbutiante. Et Cardiff ne sera véritablement employé qu’à partir d’A matter of life and death.

Colonel Blimp peut donc sembler imparfait et volubile. Ce n’en est pas moins un objet très intrigant, dans la mesure où il permet de distinguer plus précisément l’apport de chaque partie aux productions Archers. En l’absence de Cardiff, et à défaut de son usage rigoureux et obsédant de la couleur, on sera tenté de s’attacher à l’écriture de Pressburger, à l’ampleur de la mise en scène de Michael Powell. Les scènes de foule ne manquent pas. Le cinéaste travaille alors avec un appareillage monumental, une caméra gigantesque et très peu mobile. Il n’en laisse rien paraître, et sa réalisation s’affirme déjà comme immersive et très mobile. Sans même jouer le jeu des comparaisons, ce nouveau titre très soigné étoffe habilement la collection initiée par Carlotta.

Il y a quelques années, les chefs-d ‘œuvre de Powell et Pressburger étaient presque impossibles à découvrir dans de bonnes conditions. Aujourd’hui, ils sont, sur le marché français, les mètres étalons de l’édition du cinéma classique en haute définition.

Greg Lauert

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