[dvd :] WESTERNS – John Wayne

13 Nov

Ed. Montparnasse

Pour cette fin d’année, les éditions Montparnasse proposent un coffret compilant trois John Ford et un Howard Hawks. Bien plus qu’un focus sur le western, il pourrait s’agir d’un best of John Wayne. Au delà d’un éventuel statut culte, le dénominateur commun du coffret n’est autre que le Duke, lonesome cowboy à tous les âges, sous toutes les formes.

Les quatre films sont une évidence, une compilation confortable marquée par une indéniable fainéantise éditoriale. Pourtant, le coffret n’a rien d’un cadeau empoisonné.

Il faut imaginer l’offrir à un néophyte du genre, à un candide s’imaginant qu’il n’y a de virilité au cinéma qu’en la personne de Daniel Craig. Mais d’autres ont serré la mâchoire et joué des poings en d’autres temps. John Wayne, patriarche américain, géant machiste au cœur tendre, évolue en quatre films (à voir chronologiquement, hein, le candide) sous les yeux du cinéphile ébahi.

Le chevauchée fantastique, lointaine adaptation de Bel Ami et mètre étalon absolu du western, permet de le découvrir juvénile et intrépide, pourchassé et pourchassant, épris mais distant au bord d’une clôture au coucher du soleil. Wayne est alors un jeune premier, et il n’assumera pas longtemps cette position.

Dès 1948, il fait le choix de se vieillir, dans Red river d’Howard Hawks (qui pourrait, devrait, mais n’est pas dans ce maxi best of, ou comment interpeller un éditeur…) et bien sûr dans La charge héroïque, second volet du triptyque de la cavalerie de Ford. Le comédien force le trait, impose la figure du vieux sage, du guide, du maestro dominant. Il a alors une petite quarantaine d’années, mais aime à se grimer pour paraître plus âgé, pour demeurer crédible en gardien du phare, en parangon des valeurs américaines.

Rio Bravo est plus qu’une consécration. Il s’agit sans doute du dernier film classique de l’ère hollywoodienne. C’est un coup marketing avant l’heure, avec une vedette éphémère de la chanson, un comique de Vegas et deux vieux briscards du genre coincés entre quatre murs, sous l’œil du cinéaste le plus génialement débonnaire de l’histoire du 7ème art. Wayne sera John T. Chance, encore et toujours. Il ne se départira jamais tout à fait de Rio Bravo et finira sa carrière dans d’énièmes ersatz, quinze ans plus tard.

John Wayne était donc une figure imposée, une colonne dans le temple du cinéma. C’était aussi un acteur brillant. Le quatrième titre du coffret offre cette confirmation. La prisonnière du désert, LE chef d’œuvre de Ford en Vistavision, dévoile un Duke d’une intensité inédite, un pendant extrême de son personnage habituel, raciste, déterminé, obsessionnel et inoubliable.

Quatre films, et autant de visages de l’icône. On pourra donc pardonner à l’éditeur son manque d’audace. Le classique se recycle, se réédite, se repropose sans fin. Et Ford, Hawks, Wayne seraient même au delà du classicisme, dans l’inviolable archétype.

Greg Lauert

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