[blu-ray :] PULSIONS – Brian de Palma

6 Déc
Ed. Carlotta

Ed. Carlotta

Après la sortie il y a quelques mois d’Obsession en DVD et Blu-Ray chez Wild Side, les éditions Carlotta nous offre les deux autres volets de la trilogie de films réalisés par Brian De Palma et produits par George Litto : Pulsions et Blow Out (dont la chronique sera mise en ligne vendredi).

Pulsions, qui nous intéresse ici, appartient à la fois à la veine la plus « bis » et la plus onirique du cinéaste, celle qui est souvent la plus décriée par ses fans et par la critique. Comme pour Body Double, L’Esprit de Caïn et Femme Fatale, Pulsion est un film ou De Palma s’amuse, encore plus qu’à l’accoutumée avec la mise en scène et la narration, déclenchant souvent l’incompréhension et l’agacement de ses spectateurs.

Il faut pourtant reconnaître le génie et les obsessions du réalisateur qui parviennent instantanément à sublimer un matériau aussi trivial : un adolescent et une prostituée tentent de démasquer un travesti qui a assassiné la mère du jeune homme. L’intrigue, minimaliste, est ponctuée par des scènes de douche et des meurtres à l’arme blanche très explicites. C’est sur ce matériau d’un mauvais goût assumé que le metteur en scène déploie une mise en scène d’une invention et d’une virtuosité stupéfiantes. Split-screens, focales coupées, mouvement d’appareils opératiques : c’est uniquement par l’image, ou presque que De Palma fait progresser une histoire qui pourrait être un rêve.

Bien sûr, la cassure du récit rappelle Pyschose, l’onirisme et la fascination pour les armes blanches ont déjà servi dans les giallos de Dario Argento. Pourtant, avec son mélange de roublardise et de naïvetés et grâce à un sens du casting et de la direction d’acteurs impeccables, De Palma tire le meilleur d’un sujet qui n’aurait pu être pour lui qu’un laboratoire d’expérimentations plastiques.

Mais foin de théorie, ce sont les acteurs du film qui en parlent le mieux. Dans la section suppléments très bien fournie, Keith Gordon, Angie Dickinson et Nancy Allen reviennent sur leur expérience du tournage. Si Gordon, devenu depuis un talentueux cinéaste (Mother Night, Le Fantôme de Sarah Williams), offre le point de vue le plus technique, les deux comédiennes ne déméritent pas et, entre anecdote et analyse, donnent chacune une belle lecture de ce thriller délicieusement baroque.

François-Xavier Taboni

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