[blu-ray :] BLOW OUT – Brian de Palma

7 Déc
Ed. Carlotta

Ed. Carlotta

En 1981, un an après le succès populaire de Pulsions, Brian De Palma a une certaine marge de manœuvre pour travailler sur une thématique qui va traverser son œuvre, de Sœurs de sang à Snake Eyes, le complot, à travers, bien sûr, le spectre du thriller.

C’est ainsi qu’il peut placer son épouse Nancy Allen face au successful John Travolta dans cette relecture maniériste et brillante de deux œuvres qui ont marqué De Palma, Blow Up de Michelangelo Antonioni et Conversation secrète, de Francis Ford Coppola. Si les emprunts thématiques aux deux films sont évidents, De Palma s’approprie évidemment le matériau pour lui donner son identité de la plus belle manière qui soit. Cinéaste de l’excès et de la démesure, De Palma est un réalisateur qui ne recule jamais devant le lyrisme et, on l’a déjà dit, devant le mauvais goût. Là où Antonioni et Coppola développaient des œuvres magistrales, tout en théorie et en froideur intellectuelle, le réalisateur de Phantom of The Paradise se laisse aller aux grands sentiments pour faire très intelligemment passer une intrigue qui aurait pu, dans les mains d’un autre, devenir un film cynique ou scolaire sur les déboires d’un preneur de son et d’une maquilleuse confrontés à un complot politique et aux agissements d’un tueur en série plutôt inquiétant.

La mise en scène extrêmement précise du cinéaste, qui alterne les séquences complexes et les morceaux de bravoure font de Blow Out une des plus belles réussites de De Palma et un de ses films les plus cohérents. On l’apprécie d’autant mieux dans une très belle copie HD, qui rend hommage au fabuleux travail de Vilmos Szigmond, un des meilleurs directeurs de la photographie de sa génération.

Comme pour Pulsion, les suppléments ne déçoivent pas. Avec humour et pertinence, Nancy Allen évoque le film et la façon dont elle a travaillé avec son mari. Vilmos Szigmond, revient, lui sur ses méthodes de travail avec De Palma, dont il fut un des fidèles collaborateurs. George Litto prend également la parole pour revenir de façon très concrète sur la confection du film. Trois fois producteur pour De Palma, celui qui fut dans les années 60 l’agent des principaux blacklistés d’Hollywood (Dalton Trumbo, Joseph Losey, Abraham Polonsky) parle avec émotion et intelligence de ce qu’a représenté pour lui le fait de travailler avec Brian De Palma.

François-Xavier Taboni

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