[blu-ray :] HARA KIRI – Takashi Miike

10 Déc
Ed. Bodega

Ed. Bodega

Après 13 assassins, Miike, stakhanoviste provocateur du cinéma japonais des années 90 et 2000, poursuit son chemin vers l’académisme et la rigueur.

Il y a quinze ans, il aurait été improbable de retrouver le trublion Miike à la baguette du remake d’un classique absolu du chambara, en sélection officielle à Cannes. Les temps changent, les inspirations évoluent mais le cinéaste japonais démontre encore sa polyvalence et son éclectisme. Il renonce toutefois au caractère provoquant et quelque peu stérile de ses œuvres de jeunesse.

Hara Kiri est un matériau historique baigné dans les traditions et dans un passé douloureux. Le film de Kobayashi avait notamment le mérite de remettre en cause le code d’honneur des samouraïs et certains concepts désuets dans le Japon en voie de modernisation des années 60. Le film original avait alors valeur de parabole. Bien sûr, la version de Takashi Miike n’a pas la même portée. Le contexte historique est différent, et la charge politique du récit apparaît nettement amoindrie.

Hara Kiri 3D est ainsi une œuvre principalement graphique. Miike a toujours eu le mérite d’installer avec beaucoup de talent ses situations, et de gérer idéalement l’attente de son spectateur. Audition est un parfait exemple de ses qualités d’introducteur, de sa capacité à susciter la tension, à cultiver un crescendo.

Le titre du film évoque le Seppuku, un acte sanglant, une éventration, un geste horrifique, une rupture de ton. Et le cinéaste se délecte de cette mise en situation. Avant le sang et la barbarie, il filme l’ordre extrême, la mécanique des gestes. Il s’attache au son. On guette chaque bruissement de tissu, chaque craquement du plancher. La mise en scène est alors d’une brillante précision.

Malheureusement, les flash-backs ne sont pas au diapason de ces scènes là. Le cinéaste se fait alors signifiant, exagérément mélodramatique. Miike est un réalisateur très irrégulier, et il démontre qu’il peut l’être au sein d’un même film.

Les cinéphiles sont toujours divisés sur son œuvre. Il adapte des mangas, réalise des films d’horreur, opte pour des films de sabre à l’effarant classicisme. Il déroute, mais continue à susciter la curiosité.

Si le Blu-ray édité par Bodega offre de très belles garanties techniques, il aurait été appréciable d’y trouver quelques suppléments. Cet Hara Kiri est le premier film de l’histoire du festival du Cannes à avoir été présenté en sélection officielle et en 3D. L’édition aurait sans doute mérité mieux qu’une simple bande annonce en complément.

Greg Lauert

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