[dvd:] L’EPAVE – Willy Rozier

25 Déc
Bach Films

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Cinéaste français oublié, Willy Rozier (1901-1983) a été champion de natation avant de devenir acteur, puis réalisateur, producteur, scénariste et dialoguiste. Champion de France de brasse coulée en 1925, il a même participé aux Jeux olympiques d’Amsterdam en 1928. Cette passion pour le sport l’a amené à utiliser ses connaissances dans ses films. Comme dans L’Epave, mélodrame osé et audacieux, qui a lancé la carrière de la pétillante Françoise Arnoul. Pour ce drame romantique, et bien avant Le Monde du silence de Cousteau (1956), Rozier tourne des scènes sous-marines d’anthologies, avec une caméra, l’Aquaflex, qu’il a mise au point avec son opérateur. C’est sous l’eau qu’il dirige ses comédiens pour ces quelques tableaux marins, mis en musique et nimbés d’une voix narrative évocatrice.

L’Epave, c’est tout d’abord Mario l’épave (André Le Gall), un scaphandrier qui s’est amouraché d’une immigrée clandestine, « Perrucha, fille de la nuit » (Françoise Arnoul), qui tente de faire carrière dans les cabarets. Chanteuse et danseuse mutine, elle attise la convoitise des hommes. Dans la trame, Mario représente l’amoureux transi, sincère et passionné. Il est en concurrence avec un producteur aisé, plus filou et plus âgé. Perrucha use de se charmes pour accéder à une position dominante que sa condition féminine lui interdit dans un monde largement dominé par les hommes. A la fois provocante (elle n’hésite pas à se dénuder) et ingénue (elle est victime de ses manœuvres), elle ressemble aux grandes courtisanes du XIXe et du début XXe.

André Le Gall et Françoise Arnoul

André Le Gall et Françoise Arnoul

Un montage un peu sec, quelques regards caméra, un ou deux faux raccords (notamment dans les conditions de tournage difficile pour les scènes en mer), L’Epave est à la fois une prouesse technique, un divertissement aux accents érotiques, un film burlesque qui rappelle le muet (les bagarres dans les cabarets) et un drame poignant. Commercialisé juste après la guerre, alors que la censure et la défense des bonnes moeurs est toujours à l’oeuvre, le film de Rozier annonce une libéralisation que la jeune génération aura envie de vivre pleinement. De la même manière qu’il lançait Françoise Arnoul dans l’univers du 7e art, Willy Rozier a aussi repéré Brigitte Bardot, à qui il a donné un de ses tout premiers rôles importants, dans Manina, la fille sans voiles. Pas de panique, malgré le titre vendeur, Bardot y est quasiment toujours couverte.

Un bonus trop court (6 mn) introduit quelques anecdotes par le réalisateur Yves Boisset. On aurait aimé en savoir un peu plus.

FM

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