[dvd:] LES AMANTS MAUDITS – Willy Rozier

27 Déc
Bac Films

Ed. Bach Films

En 1952, Willy Rozier en est à la moitié de sa carrière, pas la plus longue du cinéma (1931-1976), mais en tout cas très prolifique. Après L’Epave (1949), il s’immerge dans le film noir, un polar qui fleure bon les gangsters, les fusillades, les mecs virils et les pépés enjôleuses. Robert Berri, qui incarne Morelli, le caïd, est un peut-être un peu vieux pour le rôle. Difficile de croire que ce simple garçon de café de 40 ans se transforme en criminel parce qu’il est fasciné par les romans policiers qu’il lit à longueur de journée. Et pourtant, c’est bien l’option psychologique choisie par Rozier. Malgré tout, Berri, qui éclate à l’écran, se révèle parfaitement casté pour toute la partie voyou.

Son personnage, qui s’est vite fait au mode de vie des truands, rencontre dans une guinguette la belle Jacky (Danièle Roy). Entre eux, le marché est clairement établi, Lui s’affichera au bras d’une charmante maîtresse, Jacky aura tout l’argent qu’elle voudra et une vie de comtesse. Ces deux ego surdimensionnés ont tôt fait de se doubler l’un l’autre. Et c’est le drame… sur fond d’amour passionné.

Comment raconter une histoire de couple scabreuse et la vie tumultueuse d’un braqueur assassin dans les années 1950, avec les censeurs sur le dos ? Avec un petit tour de passe-passe qui peut passer pour une concession, mais qui sert juste d’alibi ; une prétérition qui encadre le film au début et à la fin. Un cinéaste rend visite à un commissaire parce qu’il veut tourner un film sur Morelli. S’échangent des propos très moraux entre les deux hommes sur le contenu de la fiction, dans le style : je ne m’intéresse pas au côté immoral du gangster. Le policier commence le récit biographique du truand, aussitôt transposé à l’écran, avec tous les détails croustillants. Dans l’unique bonus (13 courtes minutes), l’auteur de polar Thierry Crifo l’analyse comme une intention moraliste de Rozier. Ça ne semble pas cohérent avec sa filmographie. Notamment avec L’Epave, très osé pour l’époque.

Rozier a un talent certain pour mêler les genres. On retrouve des scènes de cabarets déjà présentes dans L’Epave (1949), une formidable scène de poursuite au-dessus des toits avec un Robert Berri très athlétique, des courses poursuites en conduites intérieures noires, une love affair qui donne le frisson et tire des larmes. Un oeuvre oubliée, égarée, qui mérite d’être redécouverte. Malgré l’encart au générique qui rappelle que Toute ressemblance…, on trouve aisément des liens avec la vie de Pierrot le fou, l’ennemi public numéro 1 entre 1941 et 1946.

FM

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