[dvd :] LA COMTESSE PERVERSE – Jesus Franco

29 Déc
Ed. Artus films

Ed. Artus films

Plus on redécouvre l’œuvre de Jesus Franco en DVD, plus on est surpris de constater à quel point les films se tiennent bien esthétiquement, ce qui était nettement moins perceptible sur les copies VHS fatiguées visibles jusqu’à présent. Les tournages en quelques jours, avec des équipes techniques très réduites, pour des producteurs spécialisés dans l’érotisme à deux sous, n’ont finalement jamais empêchés le réalisateur de L’horrible docteur Orlof de soigner ses images et de multiplier les recherches sur le cadre et les décors.

La comtesse perverse est l’un des huit ou neuf films qu’il tourna en 1974 et également l’un des plus intéressants qu’il signa à cette époque. C’est la première fois que l’on peut le découvrir dans sa version d’origine, l’œuvre n’étant sortie à l’époque que dans une version remaniée retitrée Les croqueuses visant à la rendre un peu plus explicite dans ses scènes de sexe. C’est cette même version qui fut diffusée en vidéo dans les années 1980.

Il s’agit d’une variation sur les fameuses Chasses du comte Zaroff où la comtesse Ivana Zaroff traque et tue des jeunes femmes qui seront ensuite cuisinées par le comte. Franco exploite fort bien son décor unique – l’île et la maison à l’architecture très particulière où vit le couple –, use et abuse fort à propos du grand angle et remplit son cahier des charges en alignant les scènes de coït d’usage.

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Par delà les défauts de production et le rythme parfois languissant, La comtesse perverse possède le charme ensoleillé et l’ambiance vacancière des Franco méditerranéens (les films tournés en bord de mer sont légion dans la carrière du cinéaste) ainsi que la pointe de subversion qui fait le piment de ses meilleurs travaux. En sein d’un casting en petit comité mais agréable dans son ensemble (les habituels Lina Romay et Howard Vernon, le transfuge du western italien Robert Woods…) Alice Arno, la cuisse orgueilleuse, le sein arrogant et l’arc bandé n’a jamais été aussi bien que dans ce rôle de chasseresse nue. Elle n’est pas le moindre attrait du film.

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Niveau bonus, on trouvera une enthousiaste et intéressante intervention du spécialiste de Franco Jean-François Rauger – qui fit beaucoup pour la réévaluation et la reconnaissance du cinéaste via ses programmations régulières à la Cinémathèque Française – ainsi que les vingt minutes de scènes additionnelles filmées par Franco pour les besoin du remontage.

Mathias Ulrich 

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