[dvd :] OGROFF – Norbert Moutier

5 Jan
Ed. Artus films

Ed. Artus films

Geste éditorial pour le moins radical, nos amis de chez Artus films éditent, pour le trentenaire de l’œuvre, l’inénarrable Ogroff de Norbert Moutier.

On peut encore passer voir Norbert Moutier, personnalité incontournable du milieu du fanzinat (il est l’homme derrière Monster Bis), dans sa boutique de la rue Pierre Sémard à Paris. Il y vend ses gros fascicules toujours tapé à la machine et tiré à la photocopieuse et y loue des cassettes vidéo de films bis rares stockés dans un sous-sol auquel il accède via une trappe derrière le comptoir. Moutier, c’est une autre époque. Quand longtemps, longtemps avant internet et les blogs, des fondus de cinéma de genre et de série B dédiaient à leur passion des tablettes ronéotées ou photocopiées qu’ils vendaient ensuite à la boutique Movies 2000, tenue par Jean-Pierre Putters.

Dans ce petit monde de cinéphiles fous, Moutier osa tenter l’aventure du long métrage, en super 8 et sans un sou vaillant, avec le concours bénévole d’une bonne partie de ses frères d’armes. Comme dans ses fanzines, mis en vente sans relecture sérieuse et à la coquille facile, le dilettantisme est roi dans Ogroff et c’est la passion qui fait vivre l’entreprise.

La chose se présente comme un slasher forestier sous haute influence de Massacre à la tronçonneuse, qui bifurque inopinément vers le film de zombies dans son troisième tiers. Il y a aussi un vampire ecclésiastique qui fait une apparition surprise sous les traits du grand Howard Vernon, seul acteur professionnel de l’entreprise.

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A la revoyure (c’est possible !), c’est toujours un festival de faux raccords à la post-synchro hasardeuse et à l’interprétation au delà des mots… mais diantre, Moutier réussissait quand même son pari : tourner, dans des conditions héroïques – le week-end, avec une bande de copains – un long métrage horrifique pour pas plus que le prix de la pellicule et de son développement. Il se débrouillera même pour faire éditer l’objet en VHS par American video sous le titre Mad mutilator au milieu des années 1980. Bref, à lui donner une véritable existence.

Les suppléments reviennent longuement – près de 90 minutes d’interviews – sur le tournage, avec notamment des interventions de Norbert Moutier, Jean-Pierre Putters, Christophe Lemaire ou Alain Petit. Une séquence d’ouverture inédite éclairant sur la personnalité du tueur est par ailleurs proposée. Elle voit aussi une première apparition d’Howard Vernon, ouvrant en quelque sorte une boucle justifiant mieux – d’un point de vue surréaliste – le final absurde de l’œuvre.

Mathias Ulrich

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