[dvd:] FALLO ! – Tinto Brass

7 Jan
Bac films

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Clairement estampillé cinéma érotique depuis le milieu des années 1970, Tinto Brass fait partie de ces réalisateurs ambigus dont on ne sait jamais s’il faut se désoler ou s’enthousiasmer des productions. Dans Fallo! (2003), cet ancien de la Cinémathèque française, passionné par Fellini, utilise l’érotisme comme prétexte pour dénoncer les fantasmes machistes de l’homme en société. Comme il le dit lui-même, son film serait plus phallo-critique que phallocratique, en tout cas clairement phallo-centré.

Une musique de cirque accueille le spectateur et lui annonce clairement qu’ici tout est factice (y compris les sexes en latex) et qu’il ne faut pas trop prendre au sérieux ce divertissement dépenaillé. En six tableaux qui renouent avec la grande tradition italienne des films à sketches, Tinto Brass s’offre un petit tour du monde des lieux érotiques (Casablanca, le Cap d’Agde, le Tyrol,…) ou présentés comme tels. Les intrigues, parfois clairement burlesques, font appel aux clichés du genre : un voyage de noces et une mariée s’ennuie, un couple SM dans le Tyrol qui s’adonne à ses fantasmes en costume local, un couple infidèle qui mène une existence pleine de rencontres fortuites. Autant de saynètes un peu répétitives, pour lesquels seuls les décors varient et les personnages.

Curieusement, les hommes semblent plutôt passifs et facilement manipulables (au propre comme au figuré), là peut-être se situe la réelle rupture du cinéaste. Au final, ce sont bien les femmes qui ont le pouvoir et qui gèrent les désirs et leur réalisation.

Attention toutefois à ne pas trop surestimer Fallo !, qui reste un film plutôt potache et dont on pourrait facilement dire à peu près n’importe quoi : qu’il est une critique de la société de consommation (ou au contraire une ode au consumérisme), un hommage à l’érotisme fellinien (ou juste une pantalonnade en fanfare).

Un making of en bonus nous apprend que Tinto Brass se montre très tactile dans sa direction d’actrices. Christophe Bier, auteur d’un Dictionnaire des longs métrages français pornographiques et érotiques en 16 et 35 mm, présente l’oeuvre en quelques minutes. Une version longue (+ 6mn) permet de voir des scènes inédites, vraisemblablement coupées pour éviter une censure plus sévère.

FM

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