[à l’affiche :] Les coquillettes – Sophie Letourneur

20 Mar
Bla Bla

Ce n’est pas le cul d’un mec qu’elle regarde, mais bien une girafe de 1664.

Les films de Sophie Letourneur sont toujours des objets un peu bizarres. Ils suscitent inévitablement des sentiments contradictoires. On a autant de raisons de les détester que de les aimer, autant de raisons de les oublier que de s’en souvenir.

Sinon, Sophie Letourneur aime à parler des filles ou des femmes. Pour Les coquillettes, elle nous invite à la fois à un week-end entre copines au festival de Locarno et à la soirée pyjama de débriefe. Comme lorsque trois ami(e)s partent en week-end de filles ou de mecs, il est question avant tout de camaraderie, de fantasmes, d’amour et de cul et, comme une évidence, de rater ou non sa vie.

Sophie Letourneur, en plus d’aimer parler des femmes, est drôle et manie la dérision avec autorité, alors évidemment, pendant son film on rit. Néanmoins sa manière de filmer et la banalité apparente de l’histoire – c’est ici qu’arrive la question des sentiments contradictoires – peuvent parfois donner une impression irritante de manque d’ambition ou de faux airs de téléfilm et ce malgré un travail de narration rythmant efficacement le film. Il y a là, une forme de refus, auquel on adhère ou non, du cinéma comme sublimation immédiate de la réalité.

Mais ce refus s’associe forcément à une prise de risque salutaire, une exposition personnelle. Ce qui est filmé peut n’avoir strictement aucun intérêt. Ici encore ses films peuvent diviser. Même si parfois, on peut regretter un soupçon d’endogamie un peu gênante, ce refus originel et cette mise en danger inscrivent fermement le film dans une réalité quotidienne, nous le rendent familier. Et si l’on dépasse notre irritation initiale, ils donnent finalement au souvenir qu’il reste du film une consistance inattendue : comme le souvenir de quelque chose qui a eu lieu.

Etre une femme ne se limite pas à être un objet de désir pour des durs en mal d’amour / de grands enfants et/ou à vivre à Manhattan en passant ses journées à se maquiller / choisir des vêtements avant d’aller faire du shopping en parlant mecs avec ses copines. Sans faire de son film (de ses films) un brulot féministe, Sophie Letourneur donne la parole aux femmes. Les soirées mecs / les cuites de bonhomme / les week-ends testostérones se déclinent aussi au féminin, sous d’autres angles, parfois en d’autres termes mais souvent autour des mêmes thèmes. On peut ajouter que le sentiment de familiarité donné au film n’est pas étranger à la portée de ce propos.

L’amitié entre femmes existe, est digne d’intérêt et a sa place au cinéma. Ce n’est pas que l’on puisse en douter mais ce film (comme d’autres) a le mérite d’en être une réalisation joyeuse en attendant bientôt, qui sait, que l’on découvre une paire de sein à Batman et Robin et qu’on les croise au comptoir en train de s’en coller une bonne.

Adrien

LES COQUILLETTES de Sophie Letourneur // avec Camille Genaud, Carole Le Page et Sophie Letourneur // En salles le 20 mars 2013 – 1h15

Publicités

Une Réponse to “[à l’affiche :] Les coquillettes – Sophie Letourneur”

  1. carlos d. mercredi 20 mars 2013 à 140211 #

    Un article avec « endogamie » dedans qui me donne envie de revoir un film que j’ai moyennement aimé ? Je dis bravo Adrien.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s