[dvd :] L’EPEE ENCHANTEE – Bert I. Gordon

9 Avr
Ed. Artus Films

Ed. Artus Films

Pour l’amateur de séries B, Bert I. Gordon reste un nom un peu à part. Spécialiste du gigantisme humain et animal (L’incroyable homme colosse, Soudain les monstres, L’empire des fourmis géantes…), ses initiales lui ont fort à propos valu son surnom : Mr Big. Il fait partie de ces indépendants touche-à-tout qui ont alimentés les drive-in et salles de quartier des années 1950 à 1970. Sur ses films il est à la fois réalisateur, producteur, scénariste et responsable des effets spéciaux, ce qui force toujours le respect et confère par ailleurs à ses œuvres un petit aspect spectacle de foire conçu avec davantage d’ingéniosité et de sueur que d’argent des plus sympathique. Pour le coup, on lui passe beaucoup de choses : de l’amateurisme – de relatif à très concret selon les films – des effets visuels à l’opportunisme de sujets généralement calqués sur quelque récent succès de studio.

Avec L’épée enchantée, il s’attaque au film de sword and sorcery, ou – pour choisir une dénomination plus générique – au conte de fées. C’est l’époque où Nathan Juran tourne Le septième voyage de Sinbad et Jack le tueur de géant. L’histoire est d’une linéarité exemplaire : l’infâme sorcier Lodac a enlevé la princesse Hélène qu’il compte offrir en sacrifice à son dragon bicéphale. Heureusement, le jeune et preux George, fils adoptif de la sorcière Sybil, se lance à son secours, doté d’une armure magique, d’un cheval merveilleux et – on se serait senti floué sans elle – d’une épée enchantée. La route est parsemée d’embûches (ogre géant, marais maléfique, sorcière diabolique, etc.) et George est aidé de six chevaliers qu’il a délivré d’un sortilège. Il doit par ailleurs composer avec le très louche Sir Branton, qui épouserait bien la princesse, promise à qui la ramènera à son père.

Si le film ne se défait jamais du petit côté bricolé qui est la marque de fabrique de Gordon, il parvient à ne pas faire grise mine face aux contemporains susnommés, aux poches pourtant bien plus garnies. Il compense l’absence d’un Ray Harryhausen aux effets spéciaux par l’accumulation outrancière et cultive un grotesque parfaitement assumé. Ogre simiesque, sorcière défigurée, personnages à tête de cône, frères siamois, grands brûlés, lilliputiens, etc. C’est un véritable festival ! Et Basil Rathbone en grand méchant bien sur, qui se passe très bien de tout maquillage.

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Le film ne manque pas d’humour et devient proprement irrésistible – volontairement ou non – lorsque deux nains visiblement en manque d’affection maternelle font irruption dans la chambre où est séquestrée la princesse Hélène et tentent d’empoigner une poitrine il est vrai à deux doigts de faire éclater le corsage de la belle ! Si L’épée enchantée est aujourd’hui tout public, le goût de Mr Big pour l’excès et les détails macabres lui valut quelques déconvenues à l’époque, le faisant notamment écoper d’une interdiction aux moins de 13 ans en France, le privant par la même d’une bonne partie de son public cible.

Notons qu’Artus a retrouvé la VF, qui manquait sur le DVD Bach Films sorti il y a quelques années et que la copie est très belle. En bonus, des bandes annonces et une intervention de 45 minutes d’Alain Petit qui revient sur le metteur en scène et les acteurs.

Mathias Ulrich

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