[blu-ray :] L’ETRANGLEUR DE BOSTON – Richard Fleischer

23 Avr
Ed. Carlotta

Ed. Carlotta

Dans l’un des deux suppléments consacrés au film, William Friedkin raconte qu’il a un moment milité pour réaliser lui-même ce thriller inspiré d’une histoire vraie, mais que la Fox lui a préféré un « pro », en l’occurrence Richard Fleischer.

Il est vrai qu’on peut accoler cette étiquette au réalisateur, qui, arrivé 13 ans plus tôt pour Les Inconnus dans la ville, a réalisé dix films sur treize pour le studio de Darryl F. Zanuck, sans compter un court métrage promotionnel pour vanter les productions maison. Son Etrangleur de Boston s’intercale d’ailleurs entre le familial Extravagant docteur Dolittle et Che, biographie historique très contestée du lider maximo avec Omar Sharif et Jack Palance. Cette position de quasi-salarié n’en fait pourtant pas un yes man. Formé, comme son contemporain Robert Wise, à l’économie de la série B à la RKO, Fleischer a très vite montré sa volonté de recherche esthétique et narrative au sein de genres calibrés.

Pour adapter l’étonnante enquête qui a conduit à l’arrestation d’Albert De Salvo, « l’étrangleur de Boston », il déploie une série d’effets qui sont toujours au service de l’histoire et de ses personnages : du split-screen, qui épouse la personnalité fragmentée du tueur, à l’abstraction totale des scènes d’interrogatoire dans l’hôpital psychiatrique, en passant par le dévoilement progressif du corps de Tony Curtis, qu’on n’aperçoit clairement qu’au bout d’une heure de film, tout fait sens dans cette enquête policière qui ne ressemble à aucune autre.

Le plus marquant restant sans doute la subtile transformation de Tony Curtis, qui livre une des interprétations les plus complexes de sa filmographie : légèrement empâté, le cheveu frisé, affublé d’un postiche nasal, le séducteur des années 50 et 60 est parfait en plombier bostonien schizophrène.

Le second supplément, un peu succinct, revient sur la carrière de Fleischer et sur le tournage du film, et on peut regretter l’absence d’un intervenant évident, Stéphane Bourgoin, spécialiste des affaires  de tueurs en série mais aussi de Richard Fleischer, auquel il a consacré une monographie très complète en 1986.

Le rendu de la copie, lui, est impressionnant, le Blu-Ray retranscrivant le grain d’un film que ses concepteurs ont voulu à la fois documentaire et stylisé.

François-Xavier Taboni

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