[blu-ray :] LES INCONNUS DANS LA VILLE – Richard Fleischer

25 Avr
Ed. Carlotta

Ed. Carlotta

Dans une analyse audio proposée en complément, Nicolas Saada définit ce Violent Saturday (titre original) comme un mélodrame policier, comme un possible trait d’union entre Samuel Fuller et Vincente Minelli. La caractérisation apparaît très juste.

Le film de Richard Fleischer est un film de braquage dans lequel la part accordée aux braqueurs s’avère très réduite, tient à quelques détails et à l’action. Le cœur du récit se trouve ailleurs, dans la peinture d’une communauté américaine, d’une ville des années 50, avec son nabab cocu, son père de famille en quête de reconnaissance, son bourgeois frustré, sa brune incendiaire et ses fermiers rigoristes. Comme une sorte d’antithèse de l’Ultime Razzia, de négation d’Asphalt Jungle

Les Inconnus dans la ville n’est pas un polar urbain mais rural. Au cœur des fifties, le cadre géographique rappelle indéniablement le western. Les personnages principaux ne sont pas les truands, mais leurs victimes. Leurs tourments et leurs attentes sont largement exposés dans une œuvre chorale.

Richard Fleischer, cinéaste pluriel qui a officié dans tous les genres, qui est une sorte de go-to-guy pour la 20th Century Fox de Richard Zanuck, est un choix admirable. Dans les premières années du Cinémascope, il démontre déjà une maitrise totale de l’outil, composant ses cadres de manière à englober tous les éléments du récit.

Il n’a pas, pour l’écran large, les réserves de ses confrères à cette période. Le scénario de Sydney Boehm s’avère par ailleurs être un des grands atouts du film, tout autant qu’une faiblesse avouée. L’écriture est particulièrement précise, mais aussi trop moralisatrice, notamment dans l’approche du personnage d’Ernest Borgnine.

Outre l’intervention très judicieuse de Nicolas Saada, le Blu-ray bénéficie également d’une interview de William Friedkin. L’immense cinéaste est pour l’occasion particulièrement inintéressant. Il enchaine les lieux communs et détaille chaque rebondissement du récit. Il ne faudra donc en retenir que son admiration pour le style de Fleischer.

Greg Lauert

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