[dvd :] HPG, par où t’es rentré ?

10 Mai
Ed. Capricci

Ed. Capricci

« Baisse la bite, baisse la bite ! Ouvre la bouche, ouvre la bouche ! » Chattes halls de gare et bites TGV : passion torride d’étalage et de poissons morts, Èves aux simulations poisseuses contorsionnées par le désir brûlant d’un réparateur de câble, accompagnés de bruitages et de trucages digne d’un spectacle de fin d’année de maternelle bâclé, le tout illuminé par des dialogues et des scénarios à la sensualité d’un plein à la station service. Action et crépitements des flashs, paillettes et faux sperme, Truffaut et Godard peuvent aller se rhabiller HPG et son slip sont dans la place.

Il n’y a pas de rapport sexuel est un montage du making-of géant de l’oeuvre pornographique d’HGP. Sur tous ses tournages, HPG a une camera sur trépied en plan fixe et large qu’il laisse tourner en permanence autant probablement pour des raisons de sécurité sur des accusations éventuelles d’abus sexuel et que pour nourrir une tendance mégalomane. A partir des ces centaines heures de rush – et au bas mot des dizaines de kilomètres de bites – Raphaël Siboni réalise autant un documentaire sur le cinéma porno que sur le personnage de HGP.

Evidemment personne n’a jamais vu de porno, sauf peut-être une fois par hasard mais ça compte plus j’avais 13 ans. Si l’on peut reprocher à Raphaël Siboni et indirectement HPG de surfer sur un sujet un peu facile par son côté plus moins tabou et donc faussement subversif, le porno existe bel et bien : certains en font leur travail quand d’autres payent pour le voir. Malgré la violence, le pathétique, la manipulation du fantasme, le sexisme et la misère affective que draine le porno, il est tout de même, à un moment ou un autre, question, certes de manière dévoyée, de désir et de corps.

Ce documentaire est un œil au milieu de ce monde, un aperçu sur ceux qui y évoluent, le traversent et s’y croisent. Un univers de pouvoir et de solitude, plongé quotidiennement et banalement entre corps et désir, quelque chose entre la sexualité et son simulacre. Cette forme de familiarité artificielle avec ces problématiques engendre inévitablement un rapport détourné à ces mêmes questions. C’est précisément dans ce hiatus entre d’un côté cet univers et son rapport détourné au corps et au désir, et de l’autre, le désir et la sexualité de ceux qui évoluent dans ce même univers que se situe le premier intérêt de ce film.

Ed. Capricci

Ed. Capricci

Le second intérêt notable réside dans le personnage d’HGP. Car oui, il s’agit bien par de nombreux aspects d’un personnage. Si il ne peut que difficilement susciter une adhésion totale, s’il nous perd très souvent dans une cohérence qui nous fuit, il déploie en échange une telle énergie et une telle constance, beaucoup seul contre tous, qu’il fait naître un personnage qui prend sens. C’est un sentiment encore plus évident dans son film Les mouvements du bassin et les cours métrages présents en bonus dans les deux DVDs.

Au final entre mise en scène cheap et art brut, sentiment d’être méprisé et fort esprit de revanche, franchise et mégalomanie, ennui et intuition touchante, HPG nous laisse sur une drôle d’ambigüité. A son sujet, son personnage et le phénomène qui l’accompagne – tout comme pour le porno –, si on finit par hésiter entre l’anecdotique ou non, on ne regrette pas pour autant d’avoir vu le loup.

Adrien

IL N’Y A PAS DE RAPPORT SEXUEL // De Raphaël Siboni // Avec HPG // En dvd disponible aux éditions Capricci

LES MOUVEMENTS DU BASSIN // De HPG // Avec Eric Cantona, Rachida Brakni, HPG // En dvd disponible aux éditions Capricci

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3 Réponses to “[dvd :] HPG, par où t’es rentré ?”

  1. Reda dimanche 12 mai 2013 à 221020 #

    HPG, avp à Strasbourg à propos du jeune black de banlieue qui vient pour se faire déniaiser et termine avec une bite dans le cul et sa tête sans cache dans un docu :

    « Attends, le mec veut faire du porno alors qu’il est timide et a une petite bite ».

  2. carlos d. vendredi 17 mai 2013 à 140205 #

    avp ? Alien Vs Predator ?

  3. carlos d. vendredi 17 mai 2013 à 140206 #

    « Chattes halls de gare et bites TGV », ça c’est du haïku ! Et de la métaphore ferroviaire.

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