[dvd:] LA GRANDE CUISINE – Ted Kotcheff

12 Mai
Ed. Carlotta

Ed. Carlotta

Dans une comédie policière, si on vous demande un service, surtout ne répondez jamais « Plutôt mourir ! », parce que c’est généralement ce qui vous arrive. Ted Kotcheff l’a bien compris et applique la règle aux personnages de cette farce sur le monde de la grande cuisine.

Ted Kotcheff est tout sauf un inconnu, mais en 1978, il n’a pas encore tourné Rambo avec Sylvester Stallone (1982) ni Retour vers l’enfer avec Gene Hackman (1983), pas plus que The Shooter avec Dolph Lundgren (1995). Autant dire que les films d’action lui collent depuis à la peau. Ses dernières années, il se consacre surtout à la production : la série New-York unité spéciale, dont il a même signé quelques épisodes.

L’avantage des coproductions comme La Grande Cuisine (franco-italo-germano-américaine s’il vous plaît), c’est qu’on peut enrichir le casting du meilleur de chaque pays. C’est parfois un fourre-tout imposé qui nuit aux films, mais là, Ted Kotcheff a su s’entourer de très bon acteurs, français en particulier (Jean Rochefort et Philippe Noiret en tête, avec Jacqueline Bisset et Jean-Pierre Cassel). L’autre avantage, c’est qu’on peut faire voyager l’action : Paris, Londres, Venise. L’intrigue se balade dans une Europe de carte postale. Un critique gastronomique anglais et boulimique, un chef suisse, un autre français, un troisième italien. Tout ce beau monde court pour être reconnu dans un célèbre magazine. Mais quand ces grands créateurs sont assassinés chacun leur tour dans leur cuisine, la police enquête et surtout Natasha (Jacqueline Bisset), cheffe pâtissière et la prochaine sur cette liste macabre.

Jaqueline Bisset

Jacqueline Bisset

Sur une musique symphonique guillerette de Henry Mancini (l’auteur du thème jazzy de La Panthère rose), les personnages tentent d’échapper au mystérieux criminel. C’est l’occasion de filmer les grands restaurants, les produits : un hommage divertissant aux toques que n’aurait sûrement pas renié Claude Chabrol, toujours prêt à intégrer une scène de bon repas dans ses films. La Grande Cuisine est d’ailleurs référentiel, il lorgne du côté de Monty Python, des adaptations façons Agatha Christie (un cahier des charges respecté à la lettre).

Evidemment, la comédie fonctionne souvent par clins d’oeil et Ted Kotcheff ne s’en est pas privé. Londres est pluvieux, les taxis sont là, les voitures de luxe aussi, les chapeaux melons et les costumes impeccables. Aller à Venise sans tourner une scène de marché était impensable. Et Paris tient sa réputation de ville de l’amour. Mais tout cela fonctionne à merveille : le rythme effréné des déplacements et des rebondissements nous tient en suspend jusqu’à la dernière seconde.

Robert Morley, Jean Rochefort et Jean-Pierre Cassel

Robert Morley, Jean Rochefort et Jean-Pierre Cassel

Faire des plans sur des homards, une découpe de canard et un ballet de serveurs n’a rien de simple. Kotcheff a su faire naturel, sans trop d’excès, en gérant très bien les plans d’ambiance. Un montage presque impeccable si ce n’est un ou deux faux raccords (les cheveux de Jacqueline Bisset dans l’hôtel à Paris). Mais vu le nombre de plans et les indispensables reprises de scènes pour régler les déplacements des figurants, c’était presque mission impossible.

A déguster sans modération donc !

FM

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