[dvd :] JOE L’IMPLACABLE – Antonio Margheriti

13 Mai
Ed. Artus

Ed. Artus

Afin d’enrayer le nombre grandissant d’attaques de convois d’or, le sénateur charge le super agent spécial Joe Ford, surnommé le dynamiteur, de l’affaire…

Joe l’implacable est à nouveau un western très orienté vers la comédie et un peu particulier, mais pas du tout pour les mêmes raisons qu’Un train pour Durango dont nous parlions il y a deux jours. Antonio Margheriti, autre metteur en scène à tout faire à qui l’on doit notamment de jolies réussites dans le domaine de l’horreur gotique (Danse macabre, La vierge de Nuremberg) aborde ici le western – pour la première fois – avec une telle décontraction que le film en a presque peu à voir avec le genre. Le cinéaste reprend à peu de chose près, et en la transposant dans l’ouest sauvage, la recette déjà utilisée dans les sous-James Bond qu’il vient de tourner (Opération Goldman, A 077 défie les tueurs) : un rythme soutenu, des péripéties plus ou moins délirantes, des gadgets, des maquettes, des explosions, de la bonne humeur et un héros agent secret insipide. Ici, c’est le grand dadais Rick van Nutter (qui jouait Felix Leiter dans Opération tonnerre de Terence Young) qui s’y colle.

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C’en est presque à se demander si ce n’est pas un scénario de film d’espionnage (dont la popularité déclinait au profit du western en cette année 1967) qui a été recyclé in extremis. Si on n’est évidemment pas contre le recyclage, on a par contre du mal à rattacher ce Joe l’implacable – et son héros chic qui se pavane dans les dîners mondains – au western italien, d’où l’impression qu’il n’appartient au genre que par hasard. En fait, on peut sans doute accuser Margheriti d’un brin de paresse : il se contente de reproduire ce qu’il a déjà fait en d’autres occasions.

Il y a d’ailleurs une petite ambiance horrifique dans les séquences qui se déroulent dans les cavernes. Sur ce terrain-là, on se souvient que le réalisateur mènera assez franchement son Et le vent apporta la violence, chouette western avec Klaus Kinski, sur les pentes du film d’épouvante. Un amalgame des genres qui confère du coup à l’ensemble un aspect cadavre exquis du cinéma bis italien des 60’s révélateur de la relative indifférence avec laquelle les réalisateurs passait d’une mode à l’autre.

Au final, Joe l’implacable n’est pas déplaisant à suivre. Le budget est visiblement confortable et le film possède le charme incertain de ces bandes crossover qui ne savent pas vraiment à quel râtelier manger mais bénéficient de la manufacture et du savoir faire « qualité standard » d’une industrie qui fut en son temps aussi prospère que créative.

Niveau bonus, des bandes-annonces et une intervention de Curd Ridel, qui n’apprécie guère le film mais revient sur la carrière du metteur en scène et des comédiens principaux.

Mathias Ulrich

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