[dvd :] TEXAS – Tonino Valerii

15 Mai
Ed. Artus

Ed. Artus

Radicalement différent des deux autres westerns Artus du moment (Un train pour Durango et Joe l’implacable), Texas se serait appelé Le prix du pouvoir si le distributeur français avait choisi de traduire fidèlement son titre original. C’est un film au ton très dramatique, aux sous-intrigues parfois complexes et au moment de sa sortie en France, le distributeur s’est surtout occupé à gommer ses aspects les plus politisés.

A la fin de la guerre de sécession, le président Garfield se rend en visite officielle à Dallas. Après avoir échappé à un premier attentat grâce à Bill Willer, un ancien soldat nordiste condamné à la prison pour trahison, il est finalement abattu en pleine rue, alors que son cortège traverse la ville. Jack Donovan, un noir, compagnon d’arme et ami de Willer, est désigné comme coupable et arrêté…

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En partant de la mort de James Garfield (qui fut assassiné en 1881), l’œuvre de Tonino Valerii  transpose habilement l’assassinat de Kennedy dans un univers westernien. Si le film comporte une bonne dose d’action, on est loin de l’univers décontracté et primesautier dans lequel évolue habituellement Giuliano Gemma. Ici, le ton est solennel, renforcé par une belle partition mélancolique de Luis Bacalov. Le metteur en scène prend le risque de longues séquences dialoguées pour exposer les jeux de pouvoir. Enfin, parmi la foule de seconds rôles, peu sont ceux à qui l’on peut faire confiance, même si ils sont de prime abord cocasses ou archétypaux, faisant parti d’un univers bien balisé. Un aspect qui renforce la noirceur ambiante et contribue à crédibiliser l’ensemble. Peut être soucieux de ne pas ennuyer le spectateur, le réalisateur contrebalance la gravité du propos par des trouvailles de mise en scène constantes, avec notamment un usage fréquent des lentilles à double focale, rendant son film hautement stimulant d’un point de vue technique.

Texas est également passionnant en ce qu’il permet de resituer pour de bon un cinéaste longtemps victime d’une méprise. Pour ceux qui auraient retenu son nom, Tonino Valerii, c’est avant tout le réalisateur de Mon nom est Personne, que son producteur Sergio Leone truffa de séquences de grosse farce pas toujours très digeste. Les rôles ont longtemps étaient inversés et c’est le réalisateur et non le producteur que l’on a pris pour un plaisantin. En fait, et d’autres œuvres (le superbe Le dernier jour de la colère, le plus anecdotique La horde des salopards) en attestent, Valerii, auteur complet de la plupart de ses films, est tout sauf un potache amateur de séquences de grosses baffes et de pissotières.

Niveau bonus : intervention érudite de Curd Ridel et bandes-annonces. Attention – et Artus prévient même le spectateur lors du lancement de la lecture – ce coup-ci, la VF est vraiment à éviter !

Mathias Ulrich

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