Journal d’un CUTien à Cannes (saison 6, ép.5)

20 Mai
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Après des heures de queue et de négociation, j’entre enfin dans le saint des saints, Le Grand Théâtre Lumière, pour assister à la première projection publique d’Inside Llewyn Davis (en photo) de Joel et Ethan Coen. Précédé d’une réputation très flatteuse, ce film consacré à un chanteur de folk raté, dans l’amérique des années 60, porte du début à la fin la marque de ses réalisateurs surdoués.

Pourtant, après une introduction très stimulante, les réalisateurs de Barton Fink embarquent leur personnage dans un récit tragi-comique ponctué de (trop) nombreuses balades folk. Au cours des vignettes légèrement surréalistes qui constituent le parcours du malheureux héros, on peut s’amuser à reconnaître diverses références aux précédents films des cinéastes. Mais le jeu tourne un peu court et il est difficile de se passionner jusqu’au bout aux malheurs du pauvre Lewyn malgré l’interprétation d’Oscar Isaac.

Borgman, premier film d’Alex van Warmedam présenté en compétition, lasse beaucoup plus rapidement. Construit sur un scénario de court métrage, ce récit de l’invasion d’une maison très chic par des parasites psychopathes fatigue dès lors qu’on a fini d’en admirer les trouvailles plastiques. Jouant sur des symboliques très primaires et tout entier dévolu à son triste jeu de massacre, van Warmedam déroule son programme complaisant sur deux longues heures pourtant photographiées dans un superbe cinémascope.

On change radicalement de registre avec Le dernier des injustes, de Claude Lanzmann, présenté Hors Compétition. Au cours d’une des séances les plus people du festival (Aurélie Filippeti, Valérie Trierweiller, Aranud Desplechin ou encore Pascal Thomas sont dans la salle), on découvre la nouvelle oeuvre du réalisateur de Shoah, consacrée au rabbin Benjamin Murmelstein, qui fut à la tête du camp modèle de Theresienstadt à partir de 1944.

En partie constitué d’un entretien entre Lanzmann et Murmelstein enregistré en 1975 à Rome, et d’images contemporaines (où Lanzmann se met lui-même en scène) tournées principalement en Europe de l’Est, ce récit au long cours (3h40), est d’une richesse parfois intimidante. Mais la voix et le discours de cet inestimable témoin nous entraînent rapidement dans une expérience cinématographique rare.

Demain, si c’est possible, on parle du Bouclier de paille (Takashi Miike), Blind Detective (Johnnie To), Un château en Italie (Valeria Bruni Tedeschi), et de La grande bellezza (Paolo Sorrentino).

François-Xavier Taboni

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