Journal d’un CUTien à Cannes (saison 6, ép.7)

22 Mai
Enfin un biopic sur les jeunes années de Mouss Diouf

Enfin un biopic sur les jeunes années de Mouss Diouf.

Pour briser un peu les habitudes des festivaliers blasés, Thierry Frémeaux a eu la malice d’intégrer un téléfilm dans la Compétition : Ma vie avec Liberace, ultime (?) oeuvre de Steven Soderbergh. Certes, il s’agit d’un téléfilm HBO, mais c’est un téléfilm quand même. Et cette évocation de la vie amoureuse du célèbre pianiste avec un jeune homme qu’il a littéralement tenté de modeler à son image contient tous les passages obligés d’une biographie peu inspirée. Michael Douglas et Matt Damon ont beau se démener, Soderbergh aligne une après une les scènes attendues, comme des vignettes de roman-photo, à l’exception d’un finale où le cinéaste décide de s’élever un tout petit peu.

Bien décidé à voir beaucoup de films aujourd’hui, je fonce à la Quinzaine découvrir We Are What We Are, de Jim Mickle, remake de Ne nous jugez pas, de Jorge Michel Grau, présenté il y a trois ans… à la Quinzaine. Le manque de sommeil me fait manquer une partie de cette histoire de famille très inquiétante, décidée coûte que coût à faire vivre une tradition des plus horribles. Mais ce que j’en vois me laisse avec une impression de malaise durable. Le cinéaste instille une atmosphère oppressante jusqu’à un final d’une violence tétanisante. A ne pas mettre devant tous les yeux, comme on dit dans ces cas là.

Question gore et violence, Lloyd Kaufman s’y connaît. Il est également un as de la promotion : projeté au marché en sa présence et celle de ses joyeux zélotes, Return to Nuke’m High, énième suite de son Atomic College, est un joyeux bordel cinématographique. Fesse soft et horreur parodique sont évidemment au programme de ce film bricolé et parfois drôle où on croise les visages familier de Lemmy, de Motorhead et du légendaire Stan Lee. Le film se conclut sur un « To be continued » abrupt et Lloyd Kaufman promet aux spectateurs que quelques scènes de la seconde partie seront tournées cet après-midi même devant le Palais des Festivals. Mon désir de gloire cinématographique cède devant ma peur de ne pas pouvoir assister à la prochaine projection de presse.

Je renonce donc à faire de la figuration chez Kaufman afin de faire la queue pour Grigris, de Mahamat Saleh Haroun, présenté en Compétition. Commençons tout de suite par les points négatifs : comme les deux précédents films du cinéaste, Grigris souffre de problèmes de rythme et d’une interprétation inégale. Pourtant, en racontant l’histoire d’un danseur au physique presque désarticulé qui tombe amoureux d’une prostituée qui se rêve mannequin, le cinéaste réussi un beau film noir contemporain. Dans une mise en scène d’une grande beauté formelle, le cinéaste filme le parcours d’un homme, qui plonge dans le milieu du crime pour aider ceux qu’il aime. La stupéfiante beauté du couple principal est le coeur battant de ce film qui finit par emporter l’adhésion.

Après quelques sushis pris en très bonne compagnie, je décide de prendre des nouvelles de Claire Denis, qui présente Les Salauds à Un Certain Regard. Cela devient une habitude cette année, j’assiste une fois encore à une projection très people où se croisent entre autres, Catherine Deneuve, Leos Carax, Zhang Ziyi, Yves Boisset ou encore Kilye Minogue. Le film ne démérite pas de son prestigieux public. Claire Denis, accompagnée par la superbe BO de Tindersticks retrouve une belle forme avec cette histoire de vengeance portée par un Vincent Lindon sec comme un coup de trique. Autour de lui gravite un des plus beaux castings de Cannes : Michel Subor, Chiara Mastroianni, Florence Loiret-Caille, Grégoire Colin… Si on excepte une scène finale aussi inutile que racoleuse, on tient un des très beaux films de cette sélection

Ma sortie tardive de la salle Debussy me fait manquer la fête We Are What We Are. Qu’importe, je me coucherai plus tôt, ce qui me permettra de mieux suivre Only God Forgives, de Nicolas Winding Refn, et La vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche. Si tout se passe bien, évidemment.

François-Xavier Taboni

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s