Journal d’un CUTien à Cannes (saison 6, ép.10)

25 Mai
Attention Joaqin, cette femme peut mourir à tout instant.

Attention Joaquin, cette femme peut mourir à tout instant

The Immigrant, de James Gray, est attendu comme un des grands moments de la Compétition. Le réalisateur de The Yards vient pour la quatrième fois sur la croisette pour tenter de décrocher une Palme d’Or. La réception assez tiède de son drame situé dans le New York des années 20, laisse plutôt supposer qu’il va rentrer une fois de plus bredouille.
 
Inversant le triangle amoureux de Two Lovers pour suivre le destin d’une immigrante russe, partagée entre son souteneur et un prestidigitateur, le cinéaste donne l’impression de recycler les grands thèmes de son cinéma. La présence de Joaquin Phoenix et la composition visuelle du film donnent au spectateur une sensation permanente de déjà-vu, sans que l’histoire ou les personnages parviennent à vraiment donner chair à ce mélodrame. Peut-être l’attente était trop forte, et il faudra donner une seconde chance à cette nouvelle pièce dans l’oeuvre de Gray.
 
 
Le festival est déjà bien entamé, tout comme ma forme physique et je ne peux m’empêcher de sombrer régulièrement pendant la première heure de On the Job, d’Erik Matti, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. je le regrette car cette série B sans prétention se révèle assez efficace, notamment grâce à une belle utilisation de la cinégénie de Manille. S’inspirant d’un fait divers, déjà évoqué autour d’une scène dans Norte, de Lav Diaz, le réalisateur de Gagamboy évoque le cas de de prisonniers qu’on fait temporairement sortir de prison afin qu’ils assassinent une personnalité. Monté au hachoir et photographié de façon assez fonctionnelle, le film tire son énergie de sa capacité à suivre ses personnages dans l’action, à la façon d’un Brillante Mendoza, qui se mettrait soudain à tourner un thriller. Il me faudra revoir le film en entier pour mieux en juger et, plus généralement, découvrir l’oeuvre éclectique de Matti.
 
Après avoir été refoulé de la séance de presse de Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch, je fonce à la Quinzaine et, doublant habilement (et malhonnêtement) plusieurs dizaines de personnes, je parviens à assister à la cérémonie de clôture, où Guillaume et les garçons, à table, de et avec Guillaume Gallienne, ressort gagnant. Je ne suis pas sûr de l’être moi-même quand démarre le film de clôture, Henri, de Yolande Moreau. Bien dans la veine de l’internationale (franco-belge) grolandaise au cinéma, ce drame porte le poids de cette lourde hérédité. Réalisme politique, cadrages soignés, marginaux sympathiques : rien ne manque au catalogue et on peine à avoir de l’empathie pour Henri, restaurateur qui a perdu sa femme et se lie d’amitié avec une jeune handicapée mentale. En parfait festivalier opportuniste, mon manque d’enthousiasme pour le film ne m’empêche pas d’aller à la fête qui lui est dédiée et qui clôt également la Quinzaine des Réalisateurs. L’ambiance musicale, détendue et alcoolisée me permet de finir la nuit dans les meilleures conditions.
 
Demain, si le sommeil ne m’a pas rattrapé, je parlerai de La Vénus à la fourrure, de Roman Polanski, de Zulu, de Jérôme Salle, et de Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch.
 
François-Xavier Taboni
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